Récemment, un fugitif italien, sous le coup d'un mandat européen émis par le parquet antimafia de Naples, a été arrêté dans un appartement luxueux à Beausoleil, près de Monaco. Selon France Bleu, cet individu faisait partie de la redoutable organisation napolitaine de la Camorra et était recherché pour un trafic de stupéfiants qu'il aurait orchestré depuis janvier dernier.
Cette arrestation rappelle des cas antérieurs : l'interpellation d'un pizzaïolo à Saint-Étienne qui avait passé seize ans en cavale, ou celle d'un autre homme d'affaires, lié à la mafia, qui dirigeait une entreprise en Bretagne. Ces événements soulèvent la question : la France est-elle une terre d'accueil pour les mafieux ?
Des pays où l’extradition est rare
Les criminels en fuite, ou latitanti, choisissent leurs refuges selon divers paramètres. Parmi les destinations privilégiées figurent celles où l'extradition est difficile, où la corruption est répandue et où des communautés discrètes leur permettent de se fondre dans la population. Fabrice Rizzoli, expert des mafias et président de l’association Crim’Halt, fait référence à des pays comme Dubaï, devenus des havres de paix pour ces criminels depuis les années 2000. Par exemple, Raffaele Imperiale, un narcotrafiquant notoire, s'y est installé après avoir quitté l'Espagne, cherchant à échapper à la pression judiciaire.
Des narco-comptoirs en Amérique du Sud
La présence des mafieux italiens en Amérique latine est aussi notable, car elle leur permet de s'approvisionner directement en cocaïne, grâce aux cartels colombiens. Ce phénomène a donné lieu à des réseaux de blanchiment d'argent considérables. "Il s'agit véritablement de narco-comptoirs", décrit Rizzoli. Les pays tels que la Colombie, le Brésil et l'Uruguay, où se sont installés des figures emblématiques comme Rocco Morabito, jouent un rôle central dans cette réalité criminelle.
Corruption en Afrique
L'Afrique, notamment l'Afrique du Sud, est également une zone de choix pour ces fugitifs. Vito Roberto Palazzolo, associé à la Cosa Nostra, y vécut discrètement sous une fausse identité pendant des décennies, jusqu'à son arrestation en 2012. Son parcours témoigne des relations obscures et des intérêts économiques qui peuvent se nouer entre les puissants et les mafieux.
La France, zone de blanchiment ?
En Europe, la France est souvent vue comme un refuge pour les mafias italiennes selon un rapport du Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco). Alors que certains arbitrent entre l’Hexagone et d'autres destinations comme l’Espagne, cette dernière continue de séduire, en raison de sa permissivité historique vis-à-vis des fugitifs.
Dans l'ensemble, la lutte contre le criminel organisé en Europe a évolué, et la coopération entre la France et l'Italie est aujourd'hui plus efficace que jamais. Toutefois, le paysage criminel demeure volatil, et il est clair que les mafieux continueront à exploiter les failles du système tant qu'elles existeront.







