Ce mardi, lors du Conseil des ministres, l'Espagne a lancé une ambitieuse opération de régularisation pour 500 000 sans-papiers. Toutefois, cette initiative a été freinée par une décision du Conseil d'État, qui a jugé les critères d'accès trop laxistes. Selon les nouvelles conditions, les demandeurs doivent résider en Espagne depuis au moins six mois et fournir une déclaration attestant de l'absence de casier judiciaire. Cette décision, qui ne peut être contestée, a suscité des inquiétudes quant à la possibilité de régulariser des individus aux antécédents criminels.
Le Conseil d'État a décidé d'ajouter une clause essentielle : les candidats devront obtenir un certificat d'absence de casier judiciaire auprès de leur pays d'origine. Le Premier ministre Pedro Sanchez a reconnu ce revers tout en indiquant que son ministère de l'Intérieur s'assurerait de la véracité des attestations. Les demandeurs auront un mois pour obtenir le document, avec une possibilité de prolongation de 15 jours, après quoi ils seront exclus du processus.
Cependant, des sources au gouvernement estiment que cette restriction n'affectera pas de manière significative le nombre de bénéficiaires. La souplesse des autres critères de demande reste déroutante : être présent en Espagne avant le 1er janvier 2026, y avoir résidé pendant au moins cinq mois, ne pas constituer une menace pour l’ordre public et remplir au moins un des critères de lien familial ou de vulnérabilité reconnue.
Un enjeu migratoire au cœur de l'actualité
La période de régularisation, qui doit se terminer le 30 juin, coïncide avec une visite du pape en Espagne, où la question migratoire sera au centre des discussions. Le pape Léon est attendu aux Canaries, souvent présentées comme la nouvelle 'Lampedusa', pour sensibiliser à la situation des migrants africains, dont le péril est grand lors de leur traversée maritime.
Toute la logistique de cette opération de régularisation sera financée par la diplomatie et les institutions espagnoles, ce qui ne manquera pas de susciter le débat parmi les contribuables. Pourtant, l'exécutif gouvernemental défend avec ferveur cette immigration, la qualifiant de levier économique, essentiel pour renforcer la sécurité sociale et améliorer les recettes fiscales. Une approche qui, selon des experts, pourrait apporter un coup de jeune à une population vieillissante.







