Le renseignement autrichien, relayé par le Financial Times, a récemment évoqué la présence de 500 diplomates russes à Vienne, parmi lesquels un bon tiers utiliserait leur statut pour espionner. La capitale autrichienne, surnommée Russencity, renferme en effet des bâtiments diplomatiques où des antennes satellites inquiètent les analystes.
Ces antennes, découvertes sur les toits de l'ambassade, semblent faire écho aux pratiques de la Guerre froide. Selon le Financial Times, ces installations sont désormais utilisées pour le renseignement d'origine électromagnétique (SIGINT), ce qui illustre un revival de méthodes d'espionnage à une époque où la tension est à son paroxysme en Europe.
Des chercheurs du collectif viennois NomenNescio ont collecté, au cours des deux dernières années, des centaines de photographies en haute résolution de ces antennes. Elles sont orientées principalement vers l'ouest, ce qui pourrait indiquer un intérêt pour des satellites situés stratégiquement entre le méridien zéro et le 15e degré de longitude. Erich Moechel, porte-parole de ce groupe d'analyse, a précisé que ces antennes semblent viser quatre satellites en particulier : Eutelsat 3B et 10B, SES5 ainsi que Rascom QAF1. Tous sont utilisés pour les communications entre l'Europe et l'Afrique.
De plus, une enquête approfondie menée par le média allemand Golem a mis en évidence que ces installations satellitaires pourraient également servir de relais pour les opérations du AfriKorps, un groupe paramilitaire né de la milice Wagner et actif sur le continent africain. Cela soulève des questions alarmantes sur la nature des communications gérées par ces antennes, qui ne se limiteraient pas à l'espionnage, mais joueraient potentiellement un rôle clé dans le commandement militaire.
Avec l'Autriche, qui est un épicentre de l'espionnage grâce à sa position géographique et à la présence d'organisations internationales comme l'AIEA et l'OSCE, la situation soulève des préoccupations croissantes quant à la sécurité nationale. Les experts s'accordent à dire que l'absence de mesures d'expulsion significatives depuis le début de la guerre en Ukraine a permis à un vaste réseau d'espionnage de continuer à opérer sans entrave, consolidant ainsi la réputation de Vienne comme un hub pour les activités d'espionnage, notamment russe.







