Le citoyen jouit d’une précieuse liberté médiatique en démocratie, et apprécie le rôle des journalistes dans l’information.
Alain Greillet, de Loudun (Vienne) : « La récente déclaration d’un candidat souhaitant “augmenter son soutien aux médias associatifs et indépendants, cruciaux pour le pluralisme de l’information locale” est certes séduisante, mais soulève des interrogations. Qui pourrait s’opposer au pluralisme ? Qui pourrait s’aventurer à critiquer l’indépendance ?
« Cependant, derrière cette façade apparemment vertueuse, se cache une critique implicite de certains médias locaux. Ces déclarations installent une défiance qui peut miner la confiance envers les rédactions traditionnelles. Éroder la crédibilité des médias est devenu une stratégie politique commune ; il n'est plus question de contredire un article, mais de discréditer ses auteurs.
« Les journalistes peuvent légitimement se sentir attaqués, car cette dynamique témoigne d’un mouvement plus vaste : la défiance croissante envers la presse. Souligner les défauts des médias a remplacé le débat argumenté.
Une stratégie politique contre les médias
« Positionner les médias associatifs comme les champions du pluralisme face à la presse locale constitue un amalgame dangereux. L’indépendance ne se réduit pas à un statut, mais dépend de pratiques telles que la séparation des rédactions et des financeurs, la transparence et la vérification des faits.
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« Une situation économique précaire ne garantit pas l’intégrité des contenus. La dépendance aux subventions publiques pose des problèmes similaires à ceux des annonceurs privés. Une collectivité peut soutenir la diversité médiatique de manière juste et équitable, mais établir des oppositions entre médias crée un relativisme néfaste. En fin de compte, l’information peut devenir un produit et non un bien commun, ce qui constitue un risque pour notre démocratie.
« Face à cela, les médias professionnels, bien qu’imparfaits, deviennent plus des obstacles que des guides. Quand toutes les voix se valent, et que l’opinion remplace le fait, nous nous retrouvons dans un désordre où rumeurs et certitudes idéologiques foisonnent.
« La solution ne réside pas dans le repli ni l’indignation. Les médias locaux doivent se réinventer, et prouver leur indépendance plutôt que de simplement l’affirmer. En désignant certains médias comme “systémiques” contre d'autres soit-disant “authentiques”, on renforce l’idée d’une information divisée par camp.
« Ce glissement mine notre culture démocratique : lorsque la suspicion se généralise, ce sont les citoyens qui souffrent le plus, pas les médias. »
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Un enjeu vital
Joëlle Jossic, de Saint-Sulpice-de-Pommeray (Loir-et-Cher) : « Célébrons la liberté de la presse ! Même si certaines vérités sont difficiles à entendre, il est crucial de préserver cette liberté. Vous remplissez un rôle indispensable, dévoilant des vérités parfois dérangeantes. La presse, c'est notre quotidien ! »
Un regard critique sur la télévision
Jacques Touret, d’Availles-en-Châtellerault (Vienne) : « Il ne faut pas se laisser tromper par les apparences : beaucoup de médias, par prudence ou par intérêt, se cantonnent à un cercle restrictif.
« Les chaînes publiques, semblent-elles épargnées ? Officiellement, oui, mais l’influence de certains acteurs les plombe. Changez de chaîne et vous comprenez rapidement que vous n’avez pas quitté le même univers.
« Ces médias sont souvent sous l’emprise de cartels financiers qui exercent leur contrôle bien au-delà des simples médias. Nous pourrions espérer que la télévision soit à l’image de ce que Madeleine Chapsal disait de la littérature : “Qu’est-ce qu’un beau texte, sinon la pâte humaine ordonnancée par la raison ?”
« À l’heure où la guerre fait rage autour de nous, il est crucial de questionner le choix des invités sur les plateaux de télévision. Fréquemment, ce sont des figures politiques plutôt que des citoyens ou des experts du terrain – une tendance préoccupante.
Une ère de relativisme
Joël Goring, de Niort (Deux-Sèvres) : « Lire un journal signifie savoir que les informations ont été vérifiées, et des corrections publiées si nécessaire. À l’opposé, les réseaux sociaux favorisent les discours polémiques qui se propagent rapidement.
« Ce fonctionnement est en décalage avec le travail du journaliste, qui doit construire son article avec rigueur. Cette tendance va à l'encontre des valeurs du journalisme face à une société qui se nourrit d'informations instantanées et souvent biaisées.
« Il est essentiel de s’engager en tant que lecteur et soutenir nos médias, car observer le déclin sans agir ne fera qu’aggraver la situation. La liberté de la presse est un droit fondamental à défendre, d'abord par nous, les lecteurs. »







