Quatre femmes, victimes de violences sexuelles, ont récemment découvert que leurs témoignages figuraient dans l'ouvrage de Frédéric Ploquin, Epstein, les secrets de la filière française, publié le 20 mai dernier. Aucune d'entre elles n’avait été contactée par le journaliste, suscitant indignation et douleur.
Me Anne-Claire Le Jeune, avocate des victimes, déclare que cette révélation constitue "un nouveau traumatisme". En effet, ses clientes avaient choisi de ne pas divulguer leur histoire pendant six ans d’enquête, préférant demeurer discrètes, même vis-à-vis de leur entourage. "Nous avons vécu un moment difficile, et à présent, ces détails intimes sont exposés sans notre accord", déplore l'avocate.
L’élaboration du livre s'appuie sur des événements tragiques, notamment le trafic sexuel attribué à Jeffrey Epstein et Jean-Luc Brunel, ce dernier s'étant suicidé en 2022 alors qu'il faisait face à des accusations de viols sur mineurs. Source.
Vers une plainte pour atteinte à la vie privée ?
Me Le Jeune explique que l’auteur du livre "reproduit, décrit ou relate avec une précision insoutenable des éléments issus de leurs auditions", alors que ces pièces sont strictement couvertes par le secret de l'instruction. Face à cette atteinte possible à leur vie privée, ses clientes envisagent sérieusement de porter plainte.
"L'auteur prétend soutenir les victimes et dénoncer les lenteurs judiciaires, mais il n'a jamais cherché à obtenir leur consentement, ni même à les en informer", ajoute l’avocate. Le journaliste, invité sur franceinfo, avait affirmé qu’il s'intéressait à l’affaire par respect pour les victimes, affirmant avoir retrouvé toutes les victimes ainsi que les prédateurs impliqués.
"Nous nous en sommes tenus aux faits"
Interrogé par franceinfo, Frédéric Ploquin maintient que son objectif était "d'épauler le difficile combat des victimes" tout en cherchant à faire reculer l'omerta autour des violences sexuelles, particulièrement celles concernant des mannequins à Paris. Il souligne que son enquête repose sur "des éléments policiers rigoureux". "Nous nous sommes tenus aux faits, gommant des détails sordides par pudeur. Les victimes ont vu leurs noms masqués, sauf pour celles qui se sont déjà exprimées publiquement", a-t-il précisé. L’auteur a également reconnu des erreurs concernant les noms de certaines victimes, pour lesquelles il s’excuse.
L'éditeur, Nouveau Monde, défend le livre en affirmant qu'il n'y a "pas de voyeurisme" dans cette démarche.







