Considéré comme un acteur majeur du narcotrafic à Marseille, Félix Bingui, le leader présumé du clan Yoda, a maintenu ses dénégations lors de son procès qui se poursuit au tribunal correctionnel. En dépeignant ses coaccusés comme « un groupe de jeunes » passionnés par le jeu de cartes, il a affirmé qu'aucun crime n'était à l'origine de leur réunion.
« Je ne reconnais pas les faits », a déclaré Bingui, surnommé « Le Chat », lors de son audience qui s’est ouverte le 18 mai. Accusé de trafic de stupéfiants, d'association de malfaiteurs et de blanchiment, il fait face à une peine de 20 ans de réclusion.
Bingui a insisté, à plusieurs reprises, sur le fait qu'il était victime de la désinformation diffusée sur les réseaux sociaux, réfutant les allégations le liant à un réseau criminel bien rodé. L'individu de 35 ans, père de trois enfants, a reconnu connaître quelques-uns de ses 19 coaccusés, soulignant que la majorité comparaît libre.
« Dans ce dossier, on me lie à un clan, mais j'ai rien à voir... Nous étions juste un groupe de jeunes avec une passion commune, rien de plus », a-t-il témoigné. Contrairement aux accusations le décrivant comme le chef d'un réseau « extrêmement organisé », Bingui a affirmé mener une vie paisible à l'étranger depuis 2021, vivant successivement en Espagne, à Dubaï et au Maroc, sans lien avec des activités criminelles.
Face aux preuves présentées, comprenant des enregistrements et écoutes téléphoniques, Bingui a apporté des justifications supplémentaires. Quant à ses déplacements en Espagne, il a précisé qu'ils étaient dédiés à voir ses enfants vivant à Malaga. Ses visites à Marseille étaient liées à ses obligations judiciaires et à sa famille.
Concernant son attitude de « mentor » envers ses coprévenus, Bingui a qualifié cela de simple camaraderie, soulignant la différence d'âge : « J'étais le plus âgé, donc oui, j’ai souvent joué le rôle de grand frère, rien de plus ». Quant à son style de vie, il l'attribue à des gains réalisés dans le monde des jeux, le poker et les paris sportifs, affirmant avoir gagné jusqu'à 20.000 euros avec de modestes mises.
Interrogé sur les diverses déclarations passées, Bingui a souvent éludé les questions : « Je ne me souviens pas », ajoutant une note d'humour en disant qu'il aimait « se vanter » pour impressionner.
Les témoignages de ses coaccusés varient, certains admettant leur implication sans pour autant incriminer Bingui, tandis que d'autres, notamment des femmes liées au clan, ont révélé des détails accablants sur son rôle. Une compagne, veuve d’un membre exécuté, l’a accusé d'être le « chef » du groupe, impliqué dans des conflits mortels entre clans, apportant un nouvel éclairage sur les tensions qui règnent dans le milieu.
« Toutes ces femmes parlent entre elles, elles délirent », a rétorqué Bingui, qui semble pour la première fois sous pression. Malgré les accusations, il a assuré n’avoir jamais été violent, expliquant que les tensions proviennent de rivalités amoureuses.
Le procès continuera avec les réquisitoires, et un verdict est attendu en fin de semaine.







