En choisissant de révéler son identité, Joanne Young souhaite briser le tabou autour des violences conjugales et encourager d'autres femmes à parler. Le 23 janvier, Philip Young, 49 ans, a été reconnu coupable par le tribunal de Winchester, en Angleterre, d'avoir drogué et violé son ex-épouse pendant plus d'une décennie.
Joanne Young, âgée de 48 ans, a fait le parallèle avec Gisèle Pelicot, une Française qui a su faire entendre sa voix contre les violences sexuelles, en refusant le huis clos lors de son procès. Accompagnée de sa sœur et d’un agent de soutien aux victimes, elle a assisté à l’audience, malgré l'assistance nombreuse de journalistes. Cependant, elle a choisi de ne pas s'exprimer publiquement.
L'ancien élu conservateur, Philip Young, a été inculpé sur 56 chefs d'accusation. Lors de l'audience, il a admis avoir commis 48 infractions, dont plusieurs viols et agressions sexuelles, entre 2010 et 2023. De plus, il a reconnu avoir administré des substances à Joanne dans le but de la maîtriser et d'établir une relation sexuelle contre son gré. Des médias britanniques rapportent également qu'il s'est livré à des actes de voyeurisme.
Cinq autres hommes, âgés de 31 à 61 ans, ont également été présentés au tribunal, accusés de viols ou d'agressions sur Joanne. Quatre d'entre eux ont plaidé non coupable, tandis que l’un d'eux n'a pas encore pris position. Ils ont comparu librement, certains dissimulant leur visage.
Philip Young a été placé sous détention depuis décembre et a aussi plaidé non coupable pour huit autres accusations, notamment pour possession d'images à caractère pédopornographique et pour avoir pris des images indécentes, des faits se déroulant entre 2019 et 2024.
Un procès sous haute surveillance et un courage salué
La juge Angela Morris a mentionné qu'une audience aura lieu ultérieurement pour déterminer sa peine. Geoff Smith, responsable de la police du Wiltshire, a salué « le courage incroyable » de Joanne Young, reconnaissant également le travail rigoureux des enquêteurs qui ont permis de traîner Philip Young en justice pour ses actes inqualifiables.
Le procès des cinq autres hommes est prévu à partir du 5 octobre 2026.
Les détails concernant le lieu des supposés actes criminels n'ont pas été dévoilés, mais la police a indiqué que l'accusé principal avait résidé un temps dans la ville de Swindon, tout comme trois des coaccusés.
Dans le cadre de la protection de la vie privée des victimes, la juge a imposé des restrictions sur ce que les médias peuvent rapporter.
La situation de Joanne Young rappelle celle de Gisèle Pelicot, qui a été victime pendant une décennie de violences perpétrées par son mari à son domicile de Mazan, en Vaucluse, avec la complicité de nombreuses personnes recrutées via Internet. Son procès a eu un écho international, illustrant l'importance de lutter contre ces violences souvent cachées.







