Deux semaines après le lancement de l'offensive contre l'Iran, les États-Unis et Israël ne semblent pas en phase. Bien qu'ils partagent l'objectif de neutraliser les capacités nucléaires de Téhéran, des divergences notables apparaissent concernant les modalités d'intervention et l'avenir du pays. Lors d'une récente déclaration, le président Donald Trump a affirmé que la guerre prendra fin « bientôt », ce qui contraste avec les propos du ministre israélien de la Défense qui a parlé d'une offensive « sans limite de temps ».
Nuances sur les objectifs politiques
Les visions des États-Unis et d'Israël au sujet de l'avenir de l'Iran s'avèrent également distinctes. « On pourrait parler de nuances entre les alliés », souligne David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS). Alors qu'Israël souhaite un changement de régime en Iran, les États-Unis semblent privilégier une approche de « collapse » interne, suggérant une implosion du régime actuel avec l'espoir qu'un interlocuteur émerge du chaos. Cela pose la question de l'homogénéité des objectifs politiques, déclare-t-il.
La durée de l'intervention en débat
Sur la question de la durée de l'intervention militaire, les deux pays affichent des visions opposées. À une conférence de presse le 9 mars, Trump a qualifié l'opération d'« excursion » presque terminée, tandis que le ministre israélien s'est montré plus vigilant, insistant sur l'absence de délais. Cet état d'esprit pourrait, selon des experts, mener à un enlisement du conflit. Pierre Razoux, historien spécialiste du Moyen-Orient, indique que le scénario le plus probable reste un conflit prolongé. Cette perception est également alimentée par une opinion publique américaine oscillant entre scepticisme et rejet de l'intervention militaire, où plus de 50% des sondés expriment leur désaccord.
Perspectives pour l'avenir de l'Iran
Qu'attendre pour l'Iran une fois l'offensive militaire terminée ? Les tensions sont également palpables ici, avec Israël gardant des contacts avec des minorités comme les Kurdes, dans le but d'éventuelles mobilisations contre le pouvoir central. En revanche, Trump semble de plus en plus conscient des conséquences désastreuses d'une intervention similaire à celle en Irak, qui avait mené à un chaos prolongé. David Rigoulet-Roze rappelle que l'histoire récente de l'Irak, marquée par une violente guerre civile et des pertes massives, pourrait freiner les ardeurs des États-Unis à engager des actions de changement de régime.







