Jeudi dernier, une manifestation impressionnante s'est tenue à Bruxelles, rassemblant 80.000 personnes, selon la police, et plus de 100.000 selon les syndicats. Les manifestants se sont mobilisés contre les réformes économiques mises en place par le gouvernement dirigé par le conservateur flamand Bart De Wever.
Cette mobilisation fait suite à une escalade des efforts syndicaux entamée depuis le début de l’année 2025, déclenchée par la formation du nouveau gouvernement. "Nous assistons à une détermination inébranlable, mais aussi à une inquiétude palpable face à la situation géopolitique actuelle," a déclaré Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la Confédération des syndicats chrétiens (CSC), à l'AFP.
De nombreux manifestants arboraient des pancartes dénonçant l'augmentation de l'âge de départ à la retraite à 67 ans d'ici 2030, un chiffre largement contesté. Dans cet élan de contestation, une jeune femme tenait une pancarte frappante : "À 25 ans, je veux planifier ma vie, pas ma survie." Cette réforme s'accompagne également d'un système de bonus-malus récemment proposé par le gouvernement, que les syndicats jugent défavorable pour ceux ayant des carrières fragmentées, souvent des femmes.
Face à l'opposition de gauche qui accuse le gouvernement d'adopter des mesures antisociales, Bart De Wever a défendu ces réformes indispensables pour l'assainissement des finances publiques. "Maintenir le cap est un devoir. Ne pas le faire serait égoïste envers nos enfants," a-t-il insisté.
La manifestation a vu des représentants des trois syndicats principaux (CSC, FGTB et CGSLB) défiler ensemble dans une marée humaine aux couleurs vives. De plus, des associations comme ATD Quart Monde ont rejoint le mouvement, redoutant les conséquences des réformes sur le chômage. Baptiste Boulbes, militant de cette organisation, a souligné les risques d'une augmentation de la pauvreté plutôt qu’un retour à l'emploi, dénonçant le nombre limité de formations proposées.
Malgré quelques interpellations, la manifestation s'est déroulée de manière globalement pacifique. La grève nationale a également perturbé plusieurs secteurs, y compris les transports publics et la collecte des déchets. Faute de personnel suffisant, les aéroports de Bruxelles-Zaventem et de Charleroi ont dû annuler tous leurs vols prévus pour jeudi, illustrant l'ampleur de la contestation qui secoue le pays.







