Washington (États-Unis) – La lutte pour l'avenir de l'intelligence artificielle (IA) prend une tournure politique inattendue. Les géants de la tech, OpenAI et Anthropic, se retrouvent non seulement en compétition sur le plan technologique, mais aussi sur le terrain électoral, cherchant à influencer les résultats des élections de mi-mandat à venir.
Avec des millions de dollars en jeu, l'IA s'invite au cœur des débats alors que les démocrates et républicains naviguent entre un puissant lobby technologique et une opinion publique préoccupée par les dérives potentielles d'une avancée technologique sans régulation. Les choix des électeurs seront ainsi déterminants en novembre prochain lors du renouvellement de la Chambre des représentants et d'un tiers du Sénat.
Les acteurs de la Silicon Valley n'hésitent pas à investir dans des super PAC (Political Action Committee), entités capables de dépenser sans limites pour promouvoir leurs intérêts sans soutenir directement un candidat. OpenAI, guidé par son président Greg Brockman, soutient le super PAC "Leading the Future", qui s'oppose à des régulations jugées trop contraignantes pour l'IA. Ce groupe a amassé la coquette somme de 125 millions de dollars, attirant à lui des figures influentes comme Andreessen Horowitz et Joe Lonsdale, cofondateur de Palantir.
En face, Anthropic apporte un contrepoids en faveur d'une IA plus régulée. La société, fondée par d'anciens dirigeants d'OpenAI, a contribué 20 millions de dollars à "Public First Action", un super PAC qui prône des garde-fous pour l'intelligence artificielle. Ce dernier entité vise à soutenir un éventail de candidats des deux bords lors des élections locales et fédérales de 2026.
Les politiques critiques envers Anthropic prônent des régulations minimales, arguant que trop de contraintes pourraient freiner l'innovation. Cependant, les deux camps se livrent également une lutte à distance sur le terrain des lois locales visant à encadrer l'usage de l'IA, de plus en plus scrutée en raison de ses impacts potentiels sur la société.
Un soutien populaire crucial
Malgré des ressources financières limitant ses capacités, Public First Action s'appuie sur le soutien grandissant de l'opinion publique pour un encadrement plus strict de l'IA. Des sondages récents indiquent un fort consensus parmi les citoyens américains pour une approche mesurée et sécurisée dans le développement de cette technologie.
"Il est essentiel que les voix des citoyens et des législateurs portants ces préoccupations soient entendues face à l’influence considérable des groupes pro-innovation", a déclaré un porte-parole d'Anthropic. Le défi sera d'organiser cette mobilisation et d'équilibrer les forces en présence.
D'ores et déjà, des batailles électorales ciblent des lieux clés comme la Floride, où le candidat au poste de gouverneur, Byron Donalds, bénéficie d'un soutien massif des partisans d'une IA sans réglementation. À New York, les campagnes s'attaquent à Alex Bores, ancien employé de Palantir et souteneur d'une régulation renforcée.
Joe Lonsdale a récemment averti des dangers d'une régulation trop stricte sur les IA, affirmant sur CNBC que "des populistes pourraient tout faire s'effondrer, ce qui est inacceptable". Un climat fébrile qui annonce des échéances électorales déterminantes et un avenir où l'IA pourrait profondément transformer le paysage politique américain.







