Dans une usine de l'Haryana, au nord de New Delhi, des batteries de scooters sont broyées pour en extraire du lithium, considéré comme "l'or blanc". L'Inde a souligné l'importance de transformer ses déchets électroniques en ressources essentielles pour ses ambitions en matière d'énergie verte et d'intelligence artificielle.
Face à une demande intérieure croissante, l'Inde ne peut plus se permettre de dépendre uniquement des importations. Chaque année, près de 1,5 million de tonnes de déchets électroniques sont générés sur le territoire, a indiqué un rapport de l'Institut indien de statistiques.
Les batteries usagées contiennent des métaux précieux tels que le lithium, le cobalt et le nickel. Alors que le marché mondial du recyclage des e-déchets est estimé à 6 milliards de dollars, l'Inde souhaite ne pas laisser la domination de ce secteur à la Chine.
Un plan stratégique pour la transition
Le Premier ministre indien Narendra Modi a récemment annoncé un investissement de 170 millions de dollars pour renforcer le recyclage. Selon Raman Singh, directeur d'Exigo Recycling, ce plan a été "un coup d'accélérateur pour l'industrie". Avant sa mise en œuvre, 99 % des déchets électroniques étaient gérés par le secteur informel. Aujourd'hui, environ 60 % de ceux-ci sont traités dans des installations certifiées.
Cependant, ce chiffre est contesté par des experts du Programme des Nations Unies pour le développement, qui estiment que le secteur informel représente encore jusqu'à 80 % des activités de recyclage. De fait, des matériaux précieux continuent à se perdre, comme l'a fait remarquer Sandip Chatterjee, de l'organisation Sustainable Electronics Recycling International.
Intégrer le secteur informel pour une meilleure efficacité
À New Delhi, des milliers de petites entreprises continuent de faire face à la concurrence des usines formelles en traitant les sous-produits de manière non réglementée. "Il y a encore des défis à relever pour intégrer le secteur informel dans une chaîne logistique durable", souligne Chatterjee.
Pour pallier ce problème, Ecowork, un recycleur à but non lucratif, s'efforce de former les acteurs informels aux meilleures pratiques. Rizwan Saifi, un jeune homme de 20 ans, témoigne : "Avant, je ne savais que récupérer du cuivre, mais maintenant je comprends la valeur des aimants comme le dysprosium." Ce changement illustre le potentiel de sensibilisation nécessaire pour transformer le paysage du recyclage en Inde.
Cette dynamique pourrait également contribuer à la création d'emplois durables, un aspect crucial dans le cadre des efforts du pays pour améliorer son empreinte écologique tout en répondant aux besoins croissants de sa population.
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