L’émissaire américain, Steve Witkoff, a révélé que Donald Trump se demande pourquoi l’Iran n’a pas déjà « capitulé » face au déploiement militaire américain, qui vise à l'inciter à engager des discussions sur son programme nucléaire. Ce commentaire a été fait lors d'une interview sur Fox News.
Les États-Unis ont récemment renforcé leur présence dans la région en déployant deux porte-avions, provoquant une intensification des tensions entre les deux nations. Witkoff a déclaré que les deux pays avaient terminé une seconde session de pourparlers indirects près de Genève, avec l'aide d'Oman, mais que les résultats étaient loin d'être concluants.
Lors de cette interview, Witkoff a évoqué la frustration modérée de Trump face à l'incapacité de l'Iran à répondre aux pressions. « Pourquoi, avec une telle puissance militaire, l'Iran ne vient-il pas nous dire ce qu'il est prêt à faire pour prouver qu'il ne veut pas d'arme nucléaire ? » a-t-il demandé. Il a souligné les alternatives dont dispose le président, tout en notant que les négociations sont plus complexes que prévu.
Par ailleurs, Witkoff a confirmé une rencontre avec Reza Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran, qui n’est pas rentré dans le pays depuis la révolution islamique de 1979. Ce dernier a exprimé sa volonté, lors d'un rassemblement en février à Munich, de mener l'Iran vers un « avenir démocratique et laïque ».
Divergences persistantes sur les sanctions
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a récemment déclaré que Téhéran souhaite un « accord rapide » qui soit bénéfique pour les deux parties. Cependant, les États-Unis ont donné un ultimatum de quinze jours à l'Iran pour parvenir à un accord, menaçant de prendre des mesures sévères s'ils échouent.
Dans une déclaration précédente, le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a affirmé que les tentatives de Trump pour détruire la République islamique étaient vouées à l’échec, soulignant ainsi la solidité du régime malgré les pressions internationales. Les pays occidentaux continuent cependant de suspecter l'Iran d'ambitions nucléaires, ce que Téhéran nie tout en revendiquant son droit à un enrichissement d'uranium pour des fins pacifiques.
Un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a confirmé que l'Iran est actuellement le seul pays non doté d'armes nucléaires à enrichir de l’uranium à 60 %, une proportion qui pourrait permettre un passage rapide à un niveau d’enrichissement militaire. En 2015, un accord avait fixé cette limite à 3,67 %, mais Trump s’en était retiré trois ans plus tard.
Dans le contexte économique difficile de l'Iran, exacerbé par des décennies de sanctions, le gouvernement espère obtenir une levée partielle des restrictions qui pèsent sur son économie. Selon une source proche des négociations, des divergences subsistent entre Téhéran et Washington sur les modalités de levée des sanctions. Des discussions pourraient reprendre début mars, avec la possibilité d'un accord provisoire.
L'Iran envisage de réduire sa production d'uranium hautement enrichi, d'en transférer une partie à un pays tiers ou de participer à un projet régional, à condition de recevoir des assurances concernant son droit à un « enrichissement nucléaire pacifique ».







