Le tribunal correctionnel de Brest a prononcé une peine d'un an de prison ferme à l'encontre du capitaine chinois Chen Zhangjie, 39 ans, du pétrolier Boracay, arraisonné par la marine française en septembre dernier. Cette décision a été prise le 30 mars 2025 pour "refus d'obtempérer" lors d’une inspection maritime dans les eaux internationales, au large de la Bretagne.
Le Boracay, un navire de 244 mètres, naviguait sans pavillon visible lorsqu'il a été intercepté. Il était sous sanctions européennes en raison de son appartenance à ce que l'on appelle la flotte fantôme russe. Les autorités affirment que le navire transportait une cargaison de pétrole russe à destination de l'Inde, tout en hissant un faux pavillon béninois pour dissimuler son identité. Dans ses déclarations, le substitut du procureur, Gabriel Rollin, a noté que les militaires français avaient dû faire face à "une particulière mauvaise volonté" de la part du capitaine, les forçant à réaliser des manœuvres potentiellement dangereuses.
Les survols de drones : une autre inquiétude
Le commandement français a également mentionné des soupçons concernant l'implication du Boracay dans les survols de drones ayant perturbé le trafic aérien danois en septembre. Ces accusations, bien que non directement liées à la décision de justice, ajoutent une couche de complexité à l'affaire. De plus, deux agents de sécurité russes étaient à bord, chargés de surveiller l’équipage et de collecter des renseignements.
En défense, l'avocat de Chen, Me Henri de Richemont, a plaidé pour la relaxe, arguant que son client ne pouvait pas être jugé par un tribunal français, les événements ayant eu lieu dans des eaux internationales. Selon lui, une telle infraction relèverait du droit maritime international, spécifiquement la convention de Montego Bay, qui stipule que Chen devrait être jugé par la Chine.
Le pétrolier a depuis changé de nom pour devenir "Phoenix", arborant désormais un pavillon russe. Cette affaire soulève des questions de souveraineté et de juridiction qui pourraient avoir des répercussions à long terme sur la navigation dans les eaux internationales.







