L'association Musulmans de France a décidé de porter l'affaire devant le tribunal administratif suite à la décision de la Préfecture de police d'interdire son grand rassemblement prévu ce week-end. Son avocat, Me Sefen Guez Guez, a qualifié cette interdiction d'« atteinte manifeste à la liberté de réunion » et évoqué un « détournement de pouvoir ». Selon lui, cette décision s'inscrit dans un cadre politique visant à promouvoir un projet de loi.
Le rassemblement, qui devait se dérouler du 3 au 6 avril, était d'une importance capitale pour la communauté musulmane, représentant le grand retour de cet événement après six années d'absence dues à des difficultés logistiques, notamment celles liées à la pandémie de Covid-19.
Dans un arrêt émis jeudi, la préfecture justifie son choix par des raisons de sécurité, citant des risques terroristes potentiels et des menaces à l'ordre public. Me Guez a réagi en évoquant des pertes financières « colossales » pour les organisateurs, qui avaient déjà pris des mesures de sécurité supplémentaires à la demande de l'administration. Ce rassemblement s'accompagnait d'expositions, de conférences et de stands commerciaux, soulignant l'impact économique que représente un tel événement.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a été cité, poursuivant des objectifs politiques clairs avec l'annonce d'un projet de loi renforçant la lutte contre le séparatisme. Me Guez a fait le lien entre cette interdiction et les tensions existantes sur le territoire, signalant également des mouvements extrémistes qui proviennent de l'ultra-droite et de l'ultra-gauche.
Dans une déclaration rassurante, le représentant de la préfecture a affirmé que ce n'était pas un arrêté « anti-musulmans » mais une mesure nécessaire étant donné le climat international et national tendu. La décision du tribunal administratif est attendue dans les heures à venir.







