Lors de son audition à l'Assemblée, le milliardaire Xavier Niel a critiqué sans ménagement les méthodes du rapporteur Charles Alloncle. Niel, cofondateur de Mediawan, a qualifié la commission d'enquête sur l'audiovisuel public de "cirque" et a affirmé : "je ne suis pas un clown". Cette déclaration a marqué le début d'un échange particulièrement tendu entre les deux hommes.
La commission parlementaire sur l’audiovisuel public a été mise sous les projecteurs suite à ces accusations. Niel a été très direct dans ses reproches, en affirmant que Alloncle avait diffusé des "fake news" et des "approximations" concernant son entreprise.
Un affrontement sur la transparence
Dans ses déclarations, Niel a exigé la clarté concernant l'utilisation des fonds publics, tout en critiquant la manière dont Alloncle a conduit la commission : "Vous vous croyez où ?", lui a-t-il répondu. "Je me crois à l’Assemblée nationale, dans un cirque que vous avez créé".
En plus des désaccords sur les méthodes de la commission, Niel a accusé le rapporteur de reprendre des informations erronées relayées par des syndicalistes. Dans un post sur X daté du 25 février, Alloncle affirmait que les dirigeants de Mediawan auraient loué un restaurant prestigieux parisien pour fêter la reconduction de Delphine Ernotte à la tête de France Télévisions. Cette affirmation a été contestée par Niel, qui a dénoncé, une fois de plus, le manque de rigueur dans cette commission.
La situation s'envenime
Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission, a pris la parole après cet échange clash, précisant que des actions pourraient être envisagées contre le syndicaliste en question, et non contre Alloncle. "Le rapporteur a relayé une vidéo d'un syndicaliste, il semblerait qu'effectivement ce soit faux et je me réserve le droit d'engager une procédure pour parjure", a-t-il noté.
Les tensions au sein de la commission ne sont pas nouvelles. D'autres incidents et confrontations, tels que celui avec l'animateur-producteur Nagui, ont déjà eu lieu, témoignant d'une atmosphère chargée autour de cette commission, créée à la demande de l’UDR d'Éric Ciotti, qui soutient la privatisation de l'audiovisuel public. Les auditions se poursuivront jusqu'au 8 avril.







