Le triste dossier d'Aurélie S., condamnée à 25 ans de réclusion pour la mort de ses deux nourrissons, prend une nouvelle tournure. Son avocate, Me Charlotte Brès, a confirmé à l'AFP qu'elle avait décidé d'interjeter appel de cette peine prononcée à la fin mars.
« Cette décision est disproportionnée, surtout après qu'elle a été acquittée des charges de meurtre », a-t-elle déclaré. En effet, la cour d'assises de Vaucluse avait acquitté Aurélie S. des deux meurtres, mais l'avait reconnue coupable de privation de soins ayant conduit à la mort de ses enfants, nés respectivement en 2018 et 2019.
« Bien qu'elle ait reçu un soulagement relatif suite à l'acquittement pour meurtre, elle a été effondrée par la lourdeur de la peine », a ajouté son avocate. La présidente du tribunal, Laurène Dorlhac, a reproché à l'accusée de ne pas avoir manifesté une remise en question suffisante après trois ans d'incarcération.
Aurélie S., ancienne militaire et mère au foyer vivant à Bedoin, a traversé un parcours tragique. Elle a d'abord perdu une petite fille, Allia, âgée de seulement deux jours. Bien que la mère ait relié ce décès à une chute, les preuves médicales ne corroborent pas cette version. De fait, des lésions crâniennes ont été observées.
Elle a ensuite accouché seule, dans un état de déni de grossesse, d'un second enfant, qui est décédé d'asphyxie, vraisemblablement parce qu'elle n'a pas coupé le cordon ombilical après la naissance.
Les deux bébés, selon des experts, étaient nés vivants et à terme. Des cas similaires dans le passé ont abouti à des verdicts plus cléments grâce à la reconnaissance d'une altération du discernement, comme en témoigne l'affaire Dominique Cottrez, culpabilisée pour l'infanticide de huit nouveau-nés et condamnée à seulement neuf ans après que son état mental a été pris en compte. De même, Véronique Courjault, qui avait tué trois bébés, avait obtenu une peine moindre pour son discernement altéré.
Cette histoire tragique soulève des interrogations profondes sur la justice, la maternité, et les conséquences psychologiques que peuvent engendrer des situations de détresse ultimes. Alors qu'Aurélie S. fait appel, la société attend avec impatience la suite des événements.







