Après le meurtre tragique de la jeune Lyhanna, âgée de 11 ans, dans le Gers, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a lancé un ultimatum aux magistrats pour qu'ils traitent, d'ici le 14 juillet, près de 70 000 plaintes en attente liées à des mineurs. Cette annonce a suscité une indignation palpable parmi les professionnels du droit, qui soulignent le manque chronique de ressources allouées à la justice.
La vice-bâtonnière du Barreau de Bordeaux, Marie Tastet, a exprimé son désarroi en soulignant que cette requête, jugée irréaliste, n'est pas adaptée à l'ampleur des dossiers en souffrance, dont certains sont en attente depuis plusieurs années. Elle insiste sur la nécessité d'augmenter les effectifs de magistrats, de greffiers et d'enquêteurs pour faire face à cette pression croissante.
Les avocats et magistrats mettent également en lumière les difficultés matérielles croissantes que rencontrent les tribunaux, où les restrictions budgétaires compliquent encore plus le traitement des procédures. Une récente enquête de ©France Info révèle que ces conditions de travail impactent directement l'efficacité et la qualité des décisions judiciaires.
Un projet de loi portant sur la protection de l'enfance sera débattu à l'Assemblée nationale à partir du 15 juillet, dans un climat de forte tension sur l'institution judiciaire. Les professionnels de la justice appellent le gouvernement à agir pour assurer un fonctionnement optimal des tribunaux, afin que la protection des mineurs ne souffre pas de la lenteur des procédures.
Comme le souligne un rapport d'experts, sans des moyens adéquats, il sera difficile pour les magistrats de répondre à cette demande croissante tout en maintenant le respect des droits des victimes et des accusés.







