En préparant discrètement sa candidature pour la présidentielle de 2027, Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, s'active derrière les coulisses. Bien qu'il n'ait pas encore annoncé officiellement sa candidature, il multiplie les déplacements, recherche des financements et s'active pour réunir les 500 signatures nécessaires, tout en organisant des rencontres avec des représentants de divers partis, à l'exception du RN et de LFI.
Lors d'une récente série de tables rondes, de Villepin a souligné la polarisation politique en France, en déclarant avec style : "Quelle belle métaphore !". Cet ancien locataire de Matignon semble résolu à peser sur la campagne à venir et manifeste clairement son envie de se porter candidat. Interrogé sur ce qui le retient d’annoncer officiellement sa candidature, il répond : "Je ne veux pas être dans ce petit jeu de 'j’y vais, j’y vais pas'. Je fais les choses dans l’ordre, je construis un chemin." Cette logique suggère que le moment de sa déclaration dépendra de l’effritement de certains concurrents et de l’émergence de candidats qui pourraient représenter une réelle menace.
De Villepin a émis des doutes quant à la capacité de figures comme Raphaël Glucksmann ou Édouard Philippe à rassembler, tout en observant avec une certaine anticipation l'éventualité du retour de François Hollande, qu’il considère comme un concurrent potentiel, mais qu'il estime un peu en retard sur lui. En phase avec la jeunesse, il a fondé son propre parti il y a un an, prétendant avoir déjà rassemblé 100 000 soutiens, principalement des abonnés sur Instagram. "À mon âge, la jeunesse représente le plus court chemin vers l'avenir", a-t-il justement souligné.
Pour obtenir ses signatures, une centaine de personnes seraient mobilisées. Il est en discussions pour le financement de sa campagne, mais il n'envisage pas de meeting pour l’instant, jugeant leur coût trop élevé alors que les Français ne sont pas encore en campagne. Toutefois, il projette de réunir des élus le 12 juillet prochain pour discuter de l'avenir. Pour innover dans son approche, il parcourt la France avec l’objectif de faire le lien avec les citoyens. Se targuant du fait d’avoir géré les manifestations en réponse au contrat première embauche (CPE) en 2006, il se positionne comme un leader capable d'écouter et d’agir. Contrairement aux critiques d’Emmanuel Macron, qui a impopulairement maintenu ses réformes des retraites, de Villepin aspire à un style de gouvernance plus réceptif.
En parallèle de ses ambitions présidentielles, il envisage les élections législatives, affirmant qu'il pourrait présenter 577 candidats issus de diverses sensibilités politiques, mais pas du RN ou de LFI. En effet, il cherche à rassembler toutes les forces centristes, du LR au PS, afin d'éviter la répétition de crises politiques passées, tout en rêvant d'être le candidat consensuel qui pourra unir ces factions pour un avenir serein. Sa préoccupation récurrente est d'éviter une période tumultueuse semblable à celle de 1995, tout en aspirant à une victoire électorale qui ne menerait pas à l'impasse.







