Le débat constitutionnel concernant l'autonomie de la Corse débute ce mardi 16 juin à l'Assemblée nationale, un moment crucial pour les députés partisans d'un accroissement des pouvoirs de l'île, et ceux inquiets d'une éventuelle rupture de l'unité nationale. Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National, a partagé ses réflexions lors d'un entretien accordé à <a href='https://www.ici.fr/corse/autonomie-une-reforme-majeure-pour-la-corse-qui-pour-l-heure-ne-suscite-pas-d-engouement-national-2857509'>RCFM</a>.
L'initiative de ce projet de loi, visant à établir un "statut d'autonomie au sein de la République" pour la Corse, a été demandée par Emmanuel Macron en 2022. Au fil des ans, la position du Rassemblement National sur cette question a considérablement évolué, passant d'une opposition ferme à un soutien nuancé. En réponse aux questions d'ICI RCFM, Marine Le Pen a exposé sa vision.
RCFM : Le RN a beaucoup évolué concernant l'autonomie de la Corse. Vous êtes aujourd'hui favorable à une forme d'autonomie insulaire, mais en désaccord avec l'autonomie totale proposée par le gouvernement. Pourquoi cela ?
Marine Le Pen : L'autonomie suggérée par le gouvernement est une autonomie législative totale, ce qui représente un véritable risque. Cela pourrait exposer les élus corses à des pressions et compromettre l'unité du pays. Je pense que les Corses ont besoin de la France et vice-versa. Nous proposons une autonomie qui permettrait d'adapter les lois tout en garantissant l'unité de la République.
Elle a insisté sur l'importance de préserver les intérêts locaux, tout en respectant les principes républicains. Marine Le Pen a également indiqué que cette autonomie devrait donner aux Corses la possibilité de s'attaquer à des problèmes cruciaux tels que l'accès au logement et le pouvoir d'achat.
Interrogée sur son refus d'inscrire le terme "communauté" dans la Constitution, elle a défendu sa vision comme un moyen d’assurer une réelle autonomie, tout en soulignant que son modèle ne menace pas l'unité nationale, au contraire, il pourrait renforcer le développement économique de l'île.
En réponse à des préoccupations sur l'inégalité devant la loi qu'un accès privilégié à l'emploi pourrait engendrer, elle a rappelé que l'insularité posait des défis uniques. "Nous souhaitons que les jeunes Corses puissent vivre et travailler sur leur île", a-t-elle affirmé.
Marine Le Pen a par ailleurs évoqué la création d'un conseil indépendant destiné à éviter la concentration des pouvoirs au sein de la collectivité unique, ce qui témoigne de sa volonté de maintenir une certaine forme de démocratie locale et de contre-pouvoirs.
Enfin, elle a clarifié la position actuelle du RN sur le vote du projet gouvernemental, prévoyant de rejeter toute proposition qui ne prendrait pas en compte son initiative visant à défendre les intérêts des Corses. "Nous nous y opposons, et cela pourrait nous mener à un retour à la case départ dans dix mois, lors de la présidentielle", conclut-elle.







