À partir du 1er janvier, les autorités israéliennes ont mis fin à l'accès de 37 organisations humanitaires, incluant Médecins sans frontières (MSF), à la bande de Gaza. Cette décision survient après des accusations selon lesquelles ces ONG n'auraient pas fourni la liste de leurs employés, en particulier ceux de nationalité palestinienne. Cette mesure a suscité de vives critiques dans le quotidien d'opposition Ha'Aretz, qui souligne les dangers d'une aggravation de la situation humanitaire dans l'enclave, où la population fait face à de graves pénuries.
Le ministère israélien de la Diaspora justifie cette interdiction par la nécessité de “prévenir l’infiltration d'éléments terroristes dans les structures humanitaires”, renforçant ainsi la controverse entourant cette décision. En réalité, plusieurs analystes estiment qu’elle s'inscrit dans une “campagne systématique contre les organisations humanitaires” qui opèrent dans les territoires occupés. Les critiques vont jusqu'à dire qu'elle pourrait allonger les souffrances de la population civile dans un contexte déjà difficile, où l'accès à l'assistance humanitaire est vital.
Depuis le début des hostilités à Gaza, les agences des Nations Unies et d'autres ONG ont joué un rôle crucial, fournissant des vivres, de l'eau potable, des soins médicaux et d'autres produits essentiels, malgré des conditions opérationnelles extrêmement périlleuses. Selon Le Monde, ces organisations oeuvrent dans un climat de restrictions sévères et de dangers constants.
En plus de restreindre l'accès, Israël a été accusé d'avoir “diffamé sans relâche” les travailleurs humanitaires, les accusant de complicité avec le Hamas et de nuire à l'image de l'armée israélienne sur la scène internationale. En vertu des nouvelles réglementations sur les ONG, les organisations pourraient également perdre leur statut si elles sont jugées coupables de “délégitimation de l'État d'Israël”. Ces mesures, selon Ha'Aretz, illustrent une politique à la fois “cruelle et chaotique” vis-à-vis des habitants de Gaza.
Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre, environ 600 camions par jour entrent dans la bande de Gaza, selon des sources du Cogat, organisme du ministère israélien de la Défense. Cependant, les Nations Unies et diverses ONG rapportent que seulement 100 à 300 de ces camions sont véritablement dédiés à l'aide humanitaire, ce qui souligne la tragique réalité de l'approvisionnement en ressources essentielles pour la population.







