À l'approche des élections municipales, la situation politique s'avère délicate pour les Républicains (LR). Bruno Retailleau, à la tête du parti, mise son avenir sur un scrutin qui pourrait être déterminant pour la suite de ses ambitions politiques. Lors d'un meeting à Nantes, il a affirmé :
"Notre objectif est de remporter un maximum de victoires".Le mouvement doit démontrer qu'il reste pertinent au niveau local, surtout après une performance décevante en 2020 où plusieurs bastions traditionnellement à droite sont passés sous l'influence de la gauche.
En 2020, des villes comme Bordeaux et Marseille ont échappé aux Républicains, tandis que Toulouse et Nice ont conservé leurs mairies. Cependant, le paysage politique a changé, et des figures de droite se présentent désormais sans étiquette, comme le centriste Jean-Luc Moudenc à Toulouse. Il est également préoccupant de constater que le parti ne possède plus qu'une seule grande ville, Nîmes, qui pourrait être menacée par le Rassemblement national.
Pour contrer cela, les Républicains optent pour des alliances souvent jugées hétéroclites. Des discussions avec les mouvements Horizons et Renaissance, proches de Macron, se multiplient. Par exemple, à Lyon, LR a choisi de soutenir le novice en politique, Jean-Michel Aulas, aux côtés d'Horizons et Renaissance. Comme l'explique un stratège du parti,
"Nous assumons nos alliances, même avec des ex-membres d'En marche, if c'est pour déloger les écologistes".
Cela ne fait cependant pas l'unanimité au sein du parti. Certains sénateurs, comme Étienne Blanc, avouent que les choix peuvent sembler
"désordonnés et pas forcément lisibles". Les leaders affichent un manque de stratégie nationale, optant plutôt pour des décisions isolées par rapport aux spécificités de chaque commune.
En parallèle, d'autres élus sortants, issus d'écuries plus à droite, sont soutenus, comme Robert Ménard à Béziers, connu pour ses relations avec le RN. Les alliances avec des personnalités classées à l'extrême droite se multiplient, notamment dans les petites communes où la commission nationale d'investiture ne a peu de pouvoir. Comme le souligne Pierre-Henri Dumont, du bureau national de LR :
"Cela ne représente que des cas particuliers", mais cette tendance interroge sur la direction future du parti.
Face à cette situation, tous les regards se tournent vers la mairie de Paris, où Rachida Dati représente un espoir de victoire. Un élu LR a même déclaré :
"Si nous gagnons Paris, même de mauvais résultats ailleurs seront masqués". Le scrutin de mars s'annonce comme un véritable test pour les Républicains qui doivent naviguer entre des alliances parfois contre-nature tout en gardant un œil sur les ambitions présidentielles à venir.







