Le 15 décembre 2022, un homme de 62 ans, connu sous le nom de Bruno L., a été interpellé à Courtry, en Seine-et-Marne, mettant fin à une traque de 24 ans qui a captivé l'attention du public. Cette affaire, surnommée « le prédateur des bois », a été résolue grâce à une collaboration unique entre les autorités françaises et le FBI, exploitant des techniques de généalogie génétique jusqu'alors inexplorées dans l'Hexagone.
Bruno L. est suspecté d'avoir commis cinq viols sur des adolescentes entre décembre 1998 et juin 2008, principalement en Charente-Maritime et dans la région parisienne. Son modus operandi était particulièrement troublant : il attirait ses victimes en bordure de route avant de les emmener dans des zones forestières isolées pour les agresser, souvent sous la menace d'une arme. À chaque scène, des échantillons ADN étaient laissés, mais ceux-ci ne figuraient pas dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG).
Les policiers, après de nombreuses années d'enquêtes infructueuses, ont reçu l'aide du FBI au cours de l'été 2021. Les experts américains ont proposé d'analyser le sperme prélevé sur les victimes, ce qui a finalement permis d'identifier des ancêtres potentiels du suspect. Cette méthode de généalogie génétique a ouvert une nouvelle voie dans le monde de l'investigation criminelle en France, un processus qui n'avait jamais été utilisé jusqu'alors dû à des restrictions légales.
Finalement, des années de recherche ont conduit à l'identification et à l'arrestation de Bruno L. qui, après avoir avoué une partie des faits, a mis fin à ses jours dans sa cellule de Fleury-Mérogis en mars 2024. Le juge d'instruction a alors prononcé un non-lieu pour cause de décès, laissant les victimes sans justice définitive.
Cette affaire illustre non seulement l’impact de l’évolution technologique dans les enquêtes criminelles, mais met également en lumière la nécessité d'adapter les lois aux nouvelles méthodes scientifiques. Selon des experts en criminologie, comme le professeur Jean-Pierre Erard, ces avancées pourraient redéfinir les méthodes d’enquête en France. "Il est crucial que les législateurs considèrent ces techniques, car elles peuvent faire la différence dans des affaires longtemps laissées sans réponses," explique-t-il.
Alors que la France continue de lutter avec des cas non résolus et des droits des victimes, l'affaire de « le prédateur des bois » pourrait inspirer un changement significatif dans l'approche criminelle du pays, comme l'a souligné Le Figaro dans un récent article.







