Le samedi 25 octobre, le musée Grévin à Paris a été le théâtre d'une intervention remarquable orchestrée par un collectif féministe. Les militantes ont voulu attirer l'attention sur la situation désespérée d'Ibtissame « Betty » Lachgar, une féministe marocaine incarcérée pour "atteinte à la religion islamique" et en proie à un cancer en phase de rémission.
Vers 11 heures, une membre du collectif s'est précipitée vers la célèbre statue en cire de Mohammed VI, revêtue d'un maillot de l'équipe nationale de football. Sur celui-ci, l'inscription "FREE BETTY LACHGAR" était bien visible. Dans une vidéo devenue virale, on peut apercevoir la militante, elle-même habillée d'un maillot similaire, écrire "FREE BETTY" sur un mur adjacente avec un marqueur blanc, éveillant une forte émotion parmi les visiteurs.
Lors de cet acte, elle a crié des slogans tels que "Libérez Betty Lachgar" tout en alertant sur la gravité de l'état de santé de la militante, soulignant que "elle risque de mourir en prison". Une fois l’intervention terminée, la sécurité du musée a rapidement évacué la jeune femme. "Ils ont pris mon identité, je m'attends à être convoquée par la police," a-t-elle indiqué dans une déclaration. Le directeur du musée, Yves Delhommeau, a exprimé son regret que Grévin soit utilisé pour des manifestations politiques.
Une militante au cœur d'un combat pour les droits
Ibtissame Lachgar, âgée de 50 ans, a été condamnée en septembre 2025 à 30 mois de prison pour avoir porté un tee-shirt sur lequel figurait l'inscription "Allah est lesbienne". Cette phrase, partagée sur les réseaux sociaux, accompagnait un message critique vis-à-vis des idéologies religieuses, qui avait provoqué une onde de choc au Maroc. Selon le collectif, Betty est privée de soins médicaux appropriés, ce qui soulève des inquiétudes quant à sa santé, notamment la possibilité de perdre l'usage de son bras.
La mobilisation autour de Betty s'inscrit dans un contexte plus large de violation des droits humains au Maroc, où les voix féministes se font souvent silencieuses. La finale de la Coupe d'Afrique des nations a permis à ce collectif d'appeler à l'attention internationale sur une situation qu'ils jugent intolérable.
La militante du collectif SCUM a déclaré : "Il est inacceptable de célébrer un pays qui ignore les droits humains tout en organisant des événements majeurs. Nous devons faire entendre la voix de ceux qui souffrent en silence". Le mouvement féministe au Maroc, bien qu'entravé, continue de se battre pour les droits des femmes et contre un système juridique perçu comme oppressif.







