La décision de la justice a résonné comme un coup de tonnerre à Orange, dans le Vaucluse, en prononçant l'inéligibilité de Yann Bompard, le maire en fonction, à la suite d'une condamnation pour emploi fictif. Ce jugement a fait trembler les fondations d'une famille politique qui a dominé la ville pendant des décennies.
Yann Bompard, élu en 2021, est désormais contraint de quitter non seulement son mandat de maire, mais aussi celui de conseiller départemental, suite à un jugement rendu à Marseille. Son parcours politique est étroitement lié à celui de son père, Jacques Bompard, qui a dirigé la ville depuis 1995 avant d'être lui-même condamné pour prise illégale d'intérêt.
Absents au prononcé de la sentence, Yann Bompard et ses avocats ont choisi de ne pas commenter immédiatement la décision. Sur ce dossier, la députée RN Marie-France Lorho, également concernée par l'affaire, a été condamnée aux mêmes sanctions d'inéligibilité avec application immédiate. Le tribunal a souligné qu'aucun des deux ne devait continuer à exercer leurs fonctions.
La présidente du tribunal a justifié l'exécution provisoire en indiquant qu'ils n'étaient plus « aptes à exercer leurs fonctions ». Le conseil de Mme Lorho a mentionné que, selon la jurisprudence, elle demeurera députée jusqu'à la fin de son mandat et n'a pas encore décidé de faire appel.
Marie-France Lorho, qui avait été élue sous la bannière du petit parti Ligue du Sud créé par Jacques Bompard, avait ensuite engagé son fils comme collaborateur parlementaire après son changement de mandat en 2017. Son rapport avec Yann Bompard est devenu une source de controverse, en raison des lourdes accusations pesant sur le maintien de son emploi alors qu'il n'exécutait plus ses tâches.
Le tribunal a constaté que Yann Bompard ne disposait plus des moyens nécessaires pour mener à bien son travail comme collaborateur parlementaire, selon les éléments fournis par la procureure. En conséquence, la justice a estimé que la continuation de son emploi était « abusive ». Cette situation a provoqué une levée de boucliers face aux conséquences de leur dynamique familiale sur l'intérêt public.
Les justifications de Lorho face à la crainte de représailles de la famille Bompard ont été qualifiées de « facteur aggravant », mettant en lumière la complexité des relations de pouvoir dans cette affaire. Par ailleurs, Jacques Bompard devra également s'acquitter d'une amende de 40.000 euros et rembourser 75.000 euros à l'Assemblée nationale, témoignant des manquements à l'éthique qui ont entaché leur héritage politique.







