«Face aux commentaires négatifs de certains responsables politiques, j'ai ressenti le besoin de m'exprimer. 80 familles, nos employés, s'inquiètent de cette situation. Ils sont accusés de compromettre la souveraineté industrielle de la France, et cela me révolte
Depuis son bureau en Floride, où il supervise les activités internationales de LMB Aerospace, Alain Bernard a décidé de partager sa version de cette affaire délicate. La cession de cette PME corrézienne, connue pour sa fabrication de ventilateurs aérospatiaux, a été annoncée fin janvier et a provoqué une onde de choc, amplifiée par les commentateurs et les politiques français, qui semblent blâmer davantage le gouvernement. Selon des informations rapportées par Sud Ouest, plusieurs figures politiques, dont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, ont qualifié cette décision de trahison.
Ces mots ont frappé Alain Bernard. « Ce sont des qualificatifs qui font mal et sont démesurés. Aucun parmi ces élus ne s'est donné la peine de me contacter pour obtenir des précisions » déclare-t-il.
Une entreprise en pleine croissance
Ici, LMB Aerospace, avec ses 80 employés, ne se considère pas comme une entreprise hautement stratégique pour la défense française. « Nous avons produit pour des projets comme le Rafale, mais seulement un ventilateur. Je trouve que certains élus parlent sans avoir pris la peine de s'informer », affirme Bernard.
« À ceux qui s’inquiètent de la souveraineté nationale, laissez-nous tranquille. Nous ne cherchons qu'à croître et à rester compétitifs. »
Il souligne que la PME a réalisé des ventes record à l'international, avec 85 % de son chiffre d'affaires, accentuant son développement avec le nouvel actionnaire, Loar Group. « Si nous avons besoin d'une usine plus grande, nous resterons dans la région » assure-t-il, tout en admettant que l’intérêt français n'était pas suffisant pour justifier de rester indépendant.
Les enjeux de la souveraineté
Alors que le débat sur la souveraineté industrielle fait rage, le président de la région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, a également exprimé son désarroi, qualifiant cette cession d'irresponsabilité. Il interroge l'engagement du gouvernement envers les industries stratégiques pour la France, mais Bernard répond que la nature de leur activité ne met pas en péril l’intérêt national.
« Nous avons été américains dans le passé, sans aucun impact négatif sur notre production. Je ne vois pas comment cela pourrait changer aujourd'hui », conclut Bernard, assurant que son entreprise demeure un bastion de savoir-faire local, même sous un nouvel investisseur.







