La campagne municipale à Brest promet d'être riche en rebondissements avec François Cuillandre, figure emblématique du socialisme breton, qui se lance dans la course pour un cinquième mandat. En face, Nazim Yénier, un professeur de salsa, espère bousculer le paysage politique local.
François Cuillandre occupe le fauteuil de maire depuis plus de vingt ans. Pour les élections municipales prévues les 15 et 22 mars, il a su fédérer une coalition large incluant des membres du Parti communiste et du Parti radical de gauche, consolidant ainsi son rôle de pilier de la gauche en Bretagne. Ce week-end, l'ancien président François Hollande s'est même rendu à Brest pour exprimer son soutien au maire, une démarche qui ne passe pas inaperçue.
Soutien de Michel Rocard
Issu du monde des impôts à Paris, Cuillandre fait ses premiers pas en politique en 1977 en soutien à Michel Rocard. Élu conseiller municipal de Brest en 1989, il devient rapidement une figure incontournable, accédant à la mairie en 2001. Son bilan, notamment le développement des transports en commun avec l'inauguration du premier téléphérique urbain français en 2016, est globalement positif. Toutefois, ses opposants critiquent régulièrement sa longévité à la tête de la ville.
Un prof de salsa comme adversaire
Dans cette compétition, Nazim Yénier, personnage atypique, se positionne comme le principal concurrent de Cuillandre. Des sondages indiquent qu'il pourrait recueillir jusqu'à 7 % des voix. Bien que son positionnement politique demeure flou, il a su attirer l'attention grâce à des vidéos percutantes sur les réseaux sociaux. Yénier a été courtisé par le Rassemblement national et met l'accent sur la sécurité dans les quartiers, en déclarant sur Instagram : "Je n'aurai aucune pitié des voyous qui empoisonnent la vie des quartiers."
La rivalité entre Cuillandre et Yénier remonte à plusieurs années. Cuillandre a récemment été condamné à une amende de 1 000 euros pour injure publique après avoir qualifié Yénier d'extrémiste. Malgré son appel, cette condamnation pèse sur son image. Selon un sondage réalisé par Cluster 17 pour Les Écologistes, 75 % des Brestois ne souhaitent pas le voir se représenter.
Un dernier mandat ?
Bien que Cuillandre ait initialement déclaré qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat, il semble déterminé à continuer. Pour ses détracteurs, ce cinquième mandat pourrait être de trop. Le 15 mars, les électeurs de Brest auront à décider s'ils sont prêts à continuer avec un homme qui a marqué la ville depuis plus de 20 ans. "Évidemment", assure-t-il, soulignant son intention de diriger la ville encore un peu plus longtemps, comme il l'a confié à nos confrères du Monde.







