En 2014, Émile Roger Lombertie et son acolyte Guillaume Guérin avaient uni leurs forces pour conquérir ce qu'ils avaient qualifié de 'Rome du socialisme'. Aujourd'hui, douze ans plus tard, leur rivalité menace de faire tomber leur propre bastion, laissant entrevoir une ouverture pour une gauche également divisée.
Cette victoire marquait la fin d'un règne socialiste qui avait duré plus de 100 ans dans cette ville de 130.000 habitants, célèbre pour être le berceau de la CGT en 1895. En 2020, Lombertie était de nouveau élu maire, tandis que Guérin prenait la tête de la métropole récemment acquise par la droite.
Surprise générale le 7 janvier dernier : Lombertie, à 75 ans, a annoncé sa candidature à la mairie via Le Populaire du Centre, sans consulter Guérin, ancien adjoint aux finances. Ce dernier, 38 ans, a qualifié cette décision de 'prise d'otage de sa propre majorité' et a réagi en lançant sa propre candidature le 26 janvier, rejoignant l'adjoint centriste Vincent Léonie dans la course.
Le climat au sein de la municipalité est devenu de plus en plus électrique ces dernières années. Les tensions sont vives, notamment sur des projets phares comme le Bus à haut niveau de service, ayant conduit à des accusations de harcèlement moral et sexuel, avec Lombertie et deux vice-présidents actuellement sous enquête, comme l'indique Le Monde.
La fracture entre Guérin et Lombertie, selon l'avis d'Albin Freychet, candidat du Rassemblement National, pourrait compromettre leurs chances de conserver la mairie. 'C'est la droite la plus bête du monde', a-t-il affirmé, prêt à tendre la main à ses adversaires de droite au second tour pour faire face à une gauche divisée.
De leur côté, les forces de gauche sont elles aussi en désaccord. Le député insoumis Damien Maudet se présente comme le candidat idéal, soutenu par les Écologistes et Génération.s, tandis que Thierry Miguel, un 'flic de gauche' appuyé par le PS et le PC, se pose en challenger.
Au mois de janvier, Marine Tondelier avait insisté sur l'importance de la confiance des adhérents dans le choix du meilleur maire lors d'un meeting avec Manuel Bompard, le coordinateur des Insoumis. Pourtant, les récents événements à Lyon, où des proches d'un député d'extrême gauche ont été mis en examen pour un incident tragique, n'ont fait qu'aggraver les tensions. Soazig Villerbu des Écologistes a tempéré en affirmant qu' 'il n'y avait aucun tiraillement avec LFI'.
Thierry Miguel critique de son côté la position de certains membres de LFI, arguant qu'il est ouvert à négocier avec Limoges Front Populaire sous certaines conditions. Damien Maudet, en revanche, rejette les accusations qui pèsent sur son parti, appelant à une union de la gauche.
Guillaume Guérin, lui, reste convaincu que l'union des factions de gauche pourrait donner un bon coup à la droite lors des prochaines élections : 'Si l'union se forme, nous frapperons comme des sourds', a-t-il promis. Et tandis qu'il s'interroge sur sa portée, tout le monde attend la réponse de Lombertie, qui jusqu'à présent reste silencieux.







