La SNCF a annoncé son intention d'entrer sur le marché italien de la grande vitesse dès 2027, suite à une victoire juridique contre le gestionnaire du réseau ferroviaire italien. Actuellement, la SNCF n'est active en Italie que sur la ligne internationale reliant Milan et Turin à Paris. Cependant, avec le jugement favorable obtenu récemment, la société française projette d'élargir son offre.
Le gestionnaire du réseau, Rete Ferroviaria Italiana (RFI), devra désormais mettre à disposition de la SNCF au moins 18 créneaux de circulation quotidiens sur les lignes reliant Turin à Venise et Turin à Rome. Cette décision a été confirmée par l'autorité italienne de la concurrence (AGCM) dans un communiqué.
Ces créneaux seront accessibles pendant une période de dix ans, ce qui donnera suffisamment de temps à la SNCF pour stabiliser son service, indique l'AGCM.
Une décision à « caractère punitif » pour Trenitalia
SNCF Voyageurs s'est réjouie de cette avancée, la qualifiant de prochaine étape pour apporter une nouvelle offre de grande vitesse en Italie à partir de septembre 2027, avec l'introduction d'une filiale équipée de 15 trains. Alors que la SNCF s'était d'abord projetée pour une expansion en 2025, elle accusait RFI de favoriser Trenitalia en bloquant l'accès aux sillons.
Bien que RFI ait été accusé d'« abus de position dominante », aucune infraction n’a été reconnue. Cependant, la mesure de l’AGCM vise à rendre l’entrée d’un nouvel opérateur sur le marché plus efficace et durable.
Trenitalia a critiqué cette décision qu'il considère comme « punitive » envers l'opérateur traditionnel. Avec l'évolution du marché, la SNCF deviendra le second concurrent de Trenitalia après Italo, la société qui détient la moitié des parts de MSC.
SNCF Voyageurs estime que le nombre de sillons accordés est insuffisant pour son projet industriel, qui vise un total de 13 allers-retours quotidiens, dont 9 pour Turin-Naples et 4 pour Turin-Venise.
L’offre Ouigo déjà répandue en Espagne
Pour la SNCF, l'absence d'un volume minimal d'activités rend difficile la justification des investissements nécessaires pour poursuivre ses opérations. La SNCF a donc demandé l'activation rapide d'engagements supplémentaires, ainsi que l'assurance d'accéder aux infrastructures de maintenance en Italie et d’obtenir l'homologation de ses trains.
Dans sa stratégie présentée en 2024, la société française ambitionne d'acquérir 15 % des parts de marché de la grande vitesse italienne d'ici dix ans, avec une prévision de dix millions de passagers par an entre les villes de Turin, Milan, Rome, Naples et Venise.
En Espagne, la SNCF a su capter une large part du marché avec son offre low-cost Ouigo, qui a considérablement réduit les tarifs par rapport à ceux de Renfe, la compagnie ferroviaire locale. Par ailleurs, Trenitalia ayant été en concurrence avec la SNCF sur le territoire français depuis quatre ans, il se bat toujours pour atteindre la rentabilité, tout en cherchant à rivaliser avec l'Eurostar sur la ligne transmanche Paris-Londres.







