La découverte d'une tête de porc ornée d'une étoile de David devant le domicile de Christian Estrosi, le maire sortant, fait l'objet d'une enquête qui prend une tournure surprenante. Les enquêteurs envisagent la possibilité d'une mise en scène orchestrée par une de ses conseillères, connue pour avoir véhiculé des messages soutenant sa politique fiscale sur les ondes de la radio.
La thèse d'une manipulation gagne du terrain. C'est ce qu'affirme Le Canard enchaîné, qui rappelle que l'incident s'est produit le 27 février. L'acte, marqué par une forte violence symbolique, ressemble à une attaque visant Éric Ciotti, le rival d'Estrosi, qui le devance dans les sondages. Cependant, les autorités doutent de la véracité de la menace, suspectant plutôt une mise en scène soigneusement préparée.
Deux hommes d'origine tunisienne, l'un demandeur d'asile et l'autre sans papiers, ont été rapidement identifiés. L'un d'eux a été surpris en train de prendre des photos d'Estrosi tout en étant en contact avec son équipe. Mais derrière ces individus se cache une figure plus inattendue : une collaboratrice de Christian Estrosi, initialement chargée de dynamiser ses campagnes sur les réseaux sociaux.
Des perquisitions menées
Cette conseillère est déjà bien connue au sein des cercles proches d'Estrosi. Un rapport de l'hebdomadaire a révélé qu'elle avait diffusé, au cours d'une émission sur France Bleu Azur, des messages en faveur de la politique fiscale du maire. Lors d'une réunion municipale, Jean-Christophe Picard, conseiller d'opposition, a exigé des explications, tandis qu'Estrosi a nié avoir connaissance de toute manipulation. Les enquêteurs se penchent désormais sur ses échanges avec le demandeur d'asile afin de déterminer si elle lui aurait conféré une mission clandestine.
L'enquête se concentre sur les accusations de « provocation publique à la haine » et « association de malfaiteurs » et se déroule sous l'autorité de deux juges d'instruction. Des perquisitions ont été effectuées, tandis que des analyses téléphoniques et informatiques sont en cours pour établir s'il s'agit d'une provocation antisémite isolée ou d'une manœuvre de manipulation politique. Bien que la collaboratrice d'Estrosi soit, à ce stade, considérée comme témoin, les enquêteurs cherchent à découvrir si les deux suspects ont agi de leur propre initiative ou s'ils ont été manipulés dans une opération de déstabilisation qui pourrait avoir des conséquences durables sur la campagne à Nice.







