Avec seulement un candidat sur quatre atteignant le second tour des municipales en Essonne, le Rassemblement National (RN) a du mal à s’installer durablement dans le paysage politique local. Le département n'a élu aucun maire issu de leurs rangs.
Comment transformer cette situation décevante en opportunité ? « Nous avons réalisé un score intéressant, surtout dans une ville historiquement à gauche », révèle Julie Ferré, déléguée départementale adjointe du RN et tête de liste à Sainte-Geneviève-des-Bois.
Dimanche 15 mars, sa liste a terminé à la deuxième place avec 18,78 % des voix, mais cela n'était pas suffisant face au score écrasant du maire sortant, Frédéric Petitta (Union de la gauche), qui a remporté 54,57 % des suffrages. « Nous continuerons à nous battre pour gagner, il y a bien sûr une déception. Néanmoins, nous entrons dans les conseils municipaux », ajoute avec optimisme Julie Ferré, qui a obtenu trois sièges au conseil municipal et un autre au conseil communautaire, un fait inédit pour cette commune de 35 000 habitants.
En effet, sur quatre listes investies, deux autres candidats n'ont pas réussi à avancer au second tour : ceux d'Athis-Mons et de Morangis. « Tout le monde est un peu abasourdi. Nous ne nous attendions pas à un tel résultat », déclare André Nakache, éliminé avec 11,03 % à Athis-Mons, où le maire sortant, Jean-Jacques Grousseau, a été réélu.
« Il y a quelque chose qui est en train de se passer »
La compétition s'intensifie à Draveil avec Marc-Antoine Fournier, qui a obtenu un score respectable de 15 %. Cependant, étant seulement quatrième sur cinq listes, les chances que cette ville passe sous la coupe du RN semblent minces, d'autant plus qu'aucune alliance n'était évoquée lundi.
« Les élections municipales sont souvent des formalités pour les sortants ou leurs héritiers », déclare Philippe Olivier, responsable départemental et député européen. Il voit dans les prochaines élections présidentielles et législatives un potentiel bouleversement. « La montée de notre parti pourrait être facilitée par la lente disparition des Républicains, comme on l'observe à Toulon ou au Mans », espère-t-il tout en mentionnant des villes où le RN a réussi à obtenir un score convenable.
Néanmoins, même les candidats soutenus officieusement par le RN rencontrent des difficultés. À Itteville, par exemple, Laetitia Colonna de Leca Cristinacce, accompagnée de la députée RN de l'Essonne, Nathalie da Conceicao Carvalho, a terminé à la troisième position avec 22,40 %, un résultat décevant qui souligne les défis persistants du RN pour se solidifier dans le département, où il n'avait qu'un seul candidat en 2020, comparé à près d'une quinzaine en 2014.







