Après une première étape décevante, la liste "Changer Paris" tente de regagner du terrain face à la gauche. Retour sur une soirée électorale riche en tension et incertitude.
Le 15 mars au soir, tandis que les militants de Rachida Dati cliquetaient leurs verres à la brasserie Bota', une ambiance morose s'installait. Prévoyant une réunion festive, ils se retrouvaient pourtant en nombre insuffisant pour réellement célébrer une victoire : à 22 heures, à peine une dizaine de personnes, en grande partie des journalistes, s'étaient rassemblées. Le champagne, mis en réserve, est resté intact.
Le fantôme de l’apéro
Fixés sur les résultats diffusés par BFMTV, quelques jeunes profitaient de la bière, tandis que l’angoisse grandissait. L’after-work, prévu pour célébrer des victoires qui n’étaient visiblement pas au rendez-vous, s'est transformé en soirée d'attente. Il ne restait plus qu'à ranger les restes d'un apéritif qui n'aurait finalement pas lieu. À minuit, le lieu était désert, et l'humour se dissipait alors que la réalité devenait de plus en plus évidente : la semaine allait être longue.
Plus tôt dans la soirée, le QG de campagne de Dati, à quelques mètres de là, accueillait une effervescence factice. Avec des caméras et des micros à la main, la presse était impatient de couvrir l'événement. L’ambiance, initialement chaleureuse, s’est progressivement alourdie alors que les résultats indiquaient un écart troublant avec Emmanuel Grégoire, le candidat du PS.
Dati a toujours refusé de s'allier avec Reconquête!, craignant de perdre ses voix les plus précoces, mais espérait un désistement.
À 21h40, Rachida Dati est finalement apparue, visiblement pressée. Elle a prononcé un discours teinté d’incertitude sur les difficultés auxquelles elle faisait face tout en appelant à l’unité face à une gauche qu’elle qualifiait de radicale.
L’alternance, un défi à relever
Les résultats définitifs ne lui étaient guère favorables : avec 25,46% des voix, Dati était à 12 points de son rival socialiste. La perspective d'une alternance semblait s'éloigner. Elle a promis un rapprochement avec Pierre-Yves Bournazel pour tenter de redynamiser sa campagne. Pourtant, des voix s’élevaient pour rappeler que créer une véritable coalition nécessitait plus que des projets : il fallait une vraie addition des forces, ce qui n'était pas garanti.
Dati semble consciente que la route est semée d’embûches, comme le soulignent certains observateurs. Les électeurs de Bournazel, souvent modérés, pourraient ne pas se rassembler derrière elle. Au final, la droite parisienne pourrait se retrouver à nouveau dans une situation délicate, tandis que certains de ses proches exprimaient leurs craintes en disant : "On est vraiment la droite la plus bête du monde."







