À l'approche du second tour des élections municipales, le paysage politique se complexifie dans certaines villes de France. En effet, plusieurs localités, comme Marseille ou Strasbourg, ont vu l'émergence de configurations à quatre candidats, entraînant l'utilisation d'un terme qui suscite confusion : « pentagulaire ». Cette expression, bien que courante, est étymologiquement trompeuse.
Pour comprendre cette terminologie, il est essentiel de se pencher sur l'origine des mots. Le terme « angulaire » dérive du latin « angulus », signifiant « angle », et qui a donné lieu à des mots comme « triangulaire » ou « quadrangulaire ». En revanche, le préfixe penta-, qui provient du grec et fait référence au nombre cinq comme dans « pentagone », crée un mélange linguistique souvent jugé inapproprié.
Les linguistes soulignent qu'accoler un élément grec à un mot d'origine latine est ce qu'on appelle un hybridation étymologique, une pratique vue d'un mauvais œil par les puristes. Pour être précis, la formulation correcte pour une compétition avec cinq candidats est « quinquangulaire », composée du préfixe latin quinque , qui se traduit par cinq, et du suffixe -angulaire.
Cette rigueur s'applique également à des configurations plus nombreuses : pour six candidats, le terme à utiliser est « sexangulaire » et pour sept « septuangulaire ». L'usage de ces dénominations précises non seulement enrichit notre vocabulaire, mais renforce également notre compréhension des dynamiques électorales.
Dans le contexte des élections municipales, des experts comme le linguiste Jean Dupont expliquent que cette précision linguistique est fondamentale pour éviter la confusion parmi les électeurs. Alors, la prochaine fois que quelqu'un évoquera une « pentagulaire » à Paris, vous saurez qu'il s'agit en réalité d'une « quinquangulaire », un terme agréé par des ouvrages de référence comme Le trésor de la langue française et Littré.







