Le Royaume-Uni et l'Allemagne ont clairement exprimé leur opposition, ce lundi, à toute intervention de l'Otan visant à rétablir la circulation maritime dans le détroit d'Ormuz. Cette décision fait suite à l'appel lancé par Donald Trump, qui a sollicité l'aide de ses alliés, ainsi que celle de la Chine, pour débloquer cette voie maritime vitale.
Lors d'une conférence de presse, le Premier ministre britannique Keir Starmer a souligné que le Royaume-Uni collabore avec ses partenaires pour établir un plan collectif efficace afin de garantir la liberté de navigation dans cette région stratégique. Toutefois, il a précisé que cette initiative ne devait pas’être assimilée à une mission de l'Otan. “Nous souhaitons éviter d'impliquer l'Otan,” a-t-il déclaré, en réponse aux préoccupations de Trump sur une possible inertie alliée.
Le gouvernement allemand a également rappelé que le conflit opposant Israël et les États-Unis à l'Iran ne concernait pas l'Alliance atlantique. Comme l'a souligné le porte-parole du gouvernement allemand, Stefan Kornelius, l'Otan est une alliance défensive de ses membres, et il n'existe pas de mandat légal pour une opération en dehors de ses frontières.
L'Allemagne, qui souhaite éviter toute nouvelle escalade militaire dans le Golfe, a indiqué qu'elle n'envisageait pas de participation militaire, mais qu'elle favorisait une approche diplomatique pour assurer la sécurité dans le détroit d'Ormuz. Le ministre de la Défense, Boris Pistorius, a exprimé la volonté de Berlin d'œuvrer par la voie diplomatique.
Certains alliés, comme la Lituanie et la Pologne, ont exprimé un intérêt à explorer une demande américaine, tout en rappelant que la Pologne ne participerait pas aux opérations militaires, selon le ministre des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski.
Un responsable de l'Otan a déclaré à l'AFP que plusieurs membres discutaient individuellement avec les États-Unis de potentialités d'engagement supplémentaire. L'Alliance atlantique, a-t-il dit, a déjà renforcé son engagement en Méditerranée, où ses forces ont récemment intercepté des missiles d'Iran.
- Mission européenne Aspides? -
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont également débattu d'un éventuel recours à la mission Aspides, dédiée à la protection du trafic maritime, sur les instances de la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. Néanmoins, plusieurs ministres se sont montrés prudents quant à une décision immédiate.
À l'origine, cette mission visait à protéger les navires marchands contre les attaques des rebelles houtis, en lien avec l'Iran, et est actuellement positionnée en mer Rouge. La France a évoqué la possibilité d'une mission défensive, mais sans grande précision sur les modalités d'implémentation de la mission Aspides.
Des ministres européens, dont ceux d'Allemagne, d'Espagne et des Pays-Bas, ont exprimé leur préoccupations, affirmant qu'il est crucial d'éviter une escalade des tensions dans la région. Comme l'a souligné le ministre espagnol José Manuel Albares, « tout nouvel engagement militaire pourrait aggraver la situation ».
Keir Starmer a également réaffirmé l'engagement du Royaume-Uni à ne pas se laisser entraîner dans une guerre élargie et a exprimé son souhait de voir le conflit résolu rapidement. Depuis le début des hostilités le 28 février, Londres a autorisé des opérations défensives américaines depuis des bases britanniques et a déployé des moyens aériens pour soutenir ses alliés face aux menaces de drones iraniens.
Une partie des forces navales britanniques, dont un destroyer, est actuellement déployée en Méditerranée pour sécuriser les bases militaires à Chypre, tandis que des systèmes de détection de mines sont également actifs dans la région, démontrant l'engagement pragmatique du Royaume-Uni pour la sécurité maritime.







