Tensions autour du procès de la DZ Mafia : une réalité qui dérange

Des incidents éclatent dans le procès du double homicide lié à la DZ Mafia.
Tensions autour du procès de la DZ Mafia : une réalité qui dérange
Le procès de cinq hommes accusés d'un double assassinat commis en 2019 se déroule à Aix-en-Provence, sous haute sécurité.  - T. MORITZ/AFP

Depuis le 23 mars, cinq individus se trouvent sur le banc des accusés pour un double homicide survenu en août 2019 à Plan-de-Campagne. Ce procès, déjà sous haute tension, a récemment été émaillé d'incidents regrettables, comme l’a souligné Me Julien Biot, avocat de l’un des accusés.

«Pourquoi depuis le 23 mars tout fonctionne à l’envers ?» s’interroge-t-il, alors que la présidente du tribunal a mis un terme à l’audition d'une capitaine de police, sans permettre à toute la défense d’exprimer ses questions. Me Karim Morand-Lahouazi, un autre avocat présent à l’audience, a fustigé cette situation en déclarant : « C’est une honte ». Les accusés, dont certains sont réputés pour leurs liens avec le milieu du narcotrafic, ont exprimé leur frustration face à la gestion du procès, affirmant que « nos vies sont en jeu ».

Retours chaotiques en audience

La journée avait pourtant commencé sur une note positive, avec le retour des avocats et des accusés après plusieurs jours d'absence causés par le départ surprise de l’enquêtrice. En effet, cette dernière avait quitté le tribunal sans aviser le juge, ce qui avait entraîné une réaction forte de la défense. Lors de son audition, celle-ci a été confrontée à une intense série de questions, révélant des incohérences dans les éléments de preuve.

Les avocats ont pointé plusieurs problématiques, telles que la fiabilité des vidéos de surveillance de l'hôtel, saisies tardivement, et des erreurs dans les retranscriptions des conversations. Me Inès Medioune a notamment relevé qu’un élément clé de preuve était incorrectement transcrit, ce qui pose question sur la solidité du dossier.

L'influence trouble de "Tatoo"

Au cœur des débats, l'informateur Driss Oualane, surnommé « Tatoo », suscite des interrogations. Les avocats accuseraient les enquêteurs d'avoir privilégié son témoignage sans examiner d'autres pistes. La défense, représentée par Me Christine D'Arrigo, a mis en avant le fait que ce « trafiquant » avait d'importants antécédents criminels. L’enquêtrice a tenté de se défendre, affirmant que son rôle était d’expliquer et non de déduire des conclusions sur les suspects.

Le procès est donc entaché par des tensions et des hésitations, avec une reprise prévue pour la semaine prochaine. Les attentes sont grandes quant à ce que la cour pourrait tirer de ces nouvelles révélations avant le verdict prévu pour le 10 avril.

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