Instauré en 2024, le contrôle technique des deux-roues continue de diviser les opinion en France. À Marseille, le dispositif, renforcé en mars 2026 avec l’introduction d’un système de mesure de la vitesse, vise à lutter contre les engins modifiés qui sont encore nombreux dans la région.
Ce contrôle est désormais obligatoire pour tous les véhicules de catégorie L, comprenant les deux-roues, trois-roues et quadricycles motorisés. Malgré des protestations lancinantes de certains motards, qui affirment pouvoir faire les réparations nécessaires eux-mêmes, le dispositif renforce les exigences de vérification, notamment en matière de vitesse.
À compter du 1er mars 2026, un point de vérification supplémentaire a été introduit : le contrôle de la vitesse grâce à un appareil appelé céléromètre. Cet outil permet en effet de détecter les cyclomoteurs capables de dépasser les 45 km/h, souvent trafiqués pour augmenter leur vitesse. Une pratique illégale, répandue parmi les jeunes, comme le confirme Diego, un adolescent de 17 ans rencontré près de la place Castellane : "C'est ce que je préfère dans la vie, la vitesse et le bruit de la moto. Mon scooter, c'est un 50cc que j'ai trafiqué moi-même, et maintenant il peut monter jusqu'à 120 km/h. Je sais que ce n'est pas sans risque, mais c'est trop tentant !" Diego prévoit d’ailleurs de réinstaller son ancien moteur pour son prochain contrôle.
Les sanctions en cas de non-conformité sont claires : une amende de 135 euros, accompagnée de la possibilité de confisquer le véhicule.
Un contrôle renforcé pour traquer les deux-roues modifiés
Lors du contrôle technique, près de 80 points sont examinés, englobant tout, du système de freinage aux nuisances sonores. Pourtant, au quotidien, les motos bruyantes continuent d’envahir les rues, au grand désespoir de riverains comme Fanny : "Je pense que ce sont les forces de l'ordre qui devraient faire respecter ces contrôles directement dans la rue. Je ne supporte plus les nuisances sonores dans notre quartier".
Pour les professionnels, comme Florian Henze, gérant du centre de contrôle Verif auto, les préoccupations des motards sont compréhensibles mais le dispositif reste fondamental. "Il y a un véritable enjeu de sécurité", souligne-t-il, en expliquant que de nombreux motards ne réalisent pas qu'ils pourraient ignorer des anomalies vitales sur leur véhicule. "Nous sommes là pour assurer leur sécurité ; un cadre mal fixé peut représenter un danger même sans accident préalable."
Ce débat autour du contrôle technique des deux-roues semble donc loin d'être clos, oscillant entre la nécessité de réguler et la frustration des usagers. Pendant ce temps, la sécurité routière continue d'être une priorité incontournable.







