Ce vendredi, l'Académie des arts et sciences du cinéma (AMPAS) a révélé une mise à jour significative de ses règles d’éligibilité, affirmant clairement que les créations générées par l'intelligence artificielle n'ont pas leur place aux Oscars. Deadline rapporte que cette annonce est une étape importante dans le débat autour de l'impact de l'IA sur les arts et la culture.
Conformément aux nouvelles directives, seuls les acteurs et les scénarios ayant été réalisés par des humains – et avec leur consentement – seront considérés pour les nominations. "Dans les catégories réservées aux acteurs, seuls les rôles crédités au générique officiel du film seront éligibles", précise l'Académie, soulignant ainsi son engagement envers le travail humain dans l'industrie cinématographique.
A la lumière de l'essor de l'IA, les syndicats d'Hollywood cherchent activement à protéger leurs membres des conséquences potentielles sur la production de films et de séries, de l'écriture des scénarios à la composition musicale. En avril dernier, un film d'action mettant en scène une version générée par IA de Val Kilmer a été dévoilé, suscitant des inquiétudes quant à l'avenir des acteurs, comme le souligne le quotidien Le Monde.
Nominations multiples dans la même catégorie
En outre, l'Académie introduit une règle inédite : les acteurs et actrices pourront désormais être nominés plusieurs fois dans la même catégorie au cours d'une même année. Cela marque un tournant pour les performances exceptionnelles. Par le passé, même des talents comme Leonardo DiCaprio ou Jessica Chastain, ayant brillé dans plusieurs productions, n'avaient qu'une seule chance d'être retenus.
Les festivals, nouvelle porte d’entrée aux Oscars
Les modifications les plus marquantes concernent aussi les films internationaux. Chaque pays continuera de choisir son "champion" au sein de son comité de sélection, mais désormais, un film pourra prétendre aux Oscars simplement en remportant un prix dans un festival international prestigieux. Deadline précise que ce prix doit être l'Ours d'or à Berlin, la Palme d'or à Cannes ou tout autre prix d'une stature similaire.
Cette évolution pourrait potentiellement permettre à plusieurs films d'un même pays de concourir, ouvrant ainsi la voie à des œuvres qui, sous des régimes autoritaires, pourraient n'avoir aucune chance d'être sélectionnées par leurs pays d'origine. L'exemple récent du film Un simple accident, du dissident iranien Jafar Panahi, qui a représenté la France, illustre à quel point ces nouvelles règles pourraient élargir les horizons des nominations.







