Un vaste chantier est en cours sur le littoral des calanques, dans le secteur des Goudes, où l'objectif est de traiter une pollution industrielle qui perdure depuis plusieurs décennies. Cette opération, débutée en septembre 2025, vise à éliminer des scories cuivrées clairement visibles sur les plages et les rochers, témoins d'une époque pas si lointaine.
Ces résidus, issus d'anciennes activités industrielles, contiennent des métaux lourds, tels que le plomb et l'arsenic, susceptibles de poser des risques graves pour la santé publique, notamment chez les enfants et les femmes enceintes. « Les métaux lourds présents sont très concentrés et peuvent être dangereux en cas d'ingestion », alerte Melody Gros, chargée de mission à l'ADEME, une agence française engagée dans la protection de l'environnement.
Des conditions de travail difficiles
La première phase du projet, qui concerne sept des vingt sites identifiés, a rencontré des difficultés imprévues. La mer Méditerranée, réputée imprévisible, a complexifié les opérations. "À Saména, nous avons dû travailler au gré des vagues, ce qui a engendré de nombreux imprévus, notamment en raison de la houle", précise Mélody Gros.
Le volume de déchets extraits a également surpris les équipes : 6.000 tonnes ont été retirées, bien au-delà des 4.000 tonnes initialement envisagées. Ce constat illustre l'ampleur de la pollution qui affecte cette zone précieuse.
Pour les habitants, la situation n'est pas sans conséquence. À partir du 1er septembre, le chantier va se poursuivre avec la dépollution de 16 nouveaux sites, y compris le belvédère de Callelongue. Cependant, les résidents devront faire preuve de patience, car des restrictions de circulation et de stationnement sont à prévoir.
Des voix s'élèvent contre le chantier
Serge, propriétaire du restaurant Les Tamaris à Saména, exprime son mécontentement face à l'impact de ces travaux. "Depuis le début du chantier, il n'y a plus de terrasse, plus de restaurant, et l'État prend toutes les décisions, sans compensation pour nous", déclare-t-il. En pointant les rochers alentours, il s'interroge sur l'efficacité des travaux : "Au-dessus des Goudes, il y a quarante mètres de rochers qui ne seront jamais touchés. On dirait les arènes de Rome en regardant l'état des lieux ici !"
Ces critiques soulignent les tensions entre les impératifs de dépollution et les préoccupations des habitants. Les autorités locales, bien que conscientes des problématiques soulevées, insistent sur l'importance de ce chantier pour le futur environnemental de Marseille.







