Gabriel Attal s'apprête à officialiser sa candidature à l'élection présidentielle lors d'un voyage en Aveyron, prévu ce vendredi et samedi. Loin de ses bases habituelles dans les Hauts-de-Seine, cet élu ambitieux vise à devancer Édouard Philippe au sein du bloc central.
L'ancien Premier ministre débutera son périple à Rodez, une ville récemment remportée par le député Renaissance Stéphane Mazars lors des élections municipales. Le lendemain, il se dirigera vers l'Aubrac, en plein week-end de transhumance des troupeaux.
Bien que natif de Paris et formé à l'École alsacienne, un établissement prestigieux, Attal incarne le macronisme et fait face aux accusations de déconnexion avec les réalités rurales. Son itinéraire en Aveyron rappelle une précédente visite en Haute-Garonne, alors qu'il tentait de désamorcer des tensions au sein du secteur agricole.
"Parler des traditions de la France depuis le terrain est essentiel pour lui," note un de ses conseillers, soulignant la nécessité de cette démarche.
Reconnu pour son talent de communicateur, Attal compte s'éloigner des méthodes habituelles de déclaration présidentielle, donnant ainsi à sa candidature une tonalité différente.
Les parallèles avec Jacques Chirac, le président emblématique, ne sont pas absents. Dans son esprit, le modèle de 1995, qui s'était imposé comme un outsider face à Édouard Balladur, semble servir d'inspiration pour bâtir sa propre stratégie.
Après plusieurs mois de campagne active, sous les auspices de Renaissance, et après avoir été élu en décembre dernier contre la direction d'Emmanuel Macron, Attal souligne l'importance d'initier un nouveau cycle. La série de réunions nommée "Nuits de la Nouvelle République" s'inscrit dans une dynamique conçue pour lui donner de la visibilité, utilisant également des stratégies modernes comme l'intelligence artificielle.
De plus, il a obtenu le soutien de 500 élus locaux, face aux réserves d'autres figures du parti. "Renaissance a du mal à se vendre comme le parti des élus locaux," critique Christophe Béchu, co-directeur de campagne d'Édouard Philippe.
Les deux prétendants au bloc central, Philippe et Attal, se surveillent de près, tous deux conscients que leur avenir politique pourrait être redéfini lors de cette course à l'Élysée. Réunis en une seule candidature en 2027 ? Le scénario reste ouvert.







