Face aux défis tels que la canicule, le terrorisme et la pandémie, la demande de "vivre avec" ces crises soulève des questions fondamentales. Cette notion ne semble pas être une acceptation des réalités, mais plutôt une façon pour les dirigeants de s'éclipser de leurs responsabilités tout en imposant des fardeaux à une société réticente.
Récemment, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a déclaré que "notre pays va devoir s'adapter à cette transformation du climat", un écho d'un discours similaire porté par François Braun. Ces propos rappellent la nécessité d'apprendre à vivre avec des crises, que ce soit la chaleur extrême estivale ou les conséquences de la pandémie de Covid-19. L’affirmation de Manuel Valls après l’attentat de Nice, où il a proposé que "la France devra vivre avec le terrorisme", illustre bien cette tendance inquiétante.
Cette injonction de vivre avec les crises semble infantiliser la population. Les responsables politiques se dérobent à leurs propres obligations tout en demandant aux Français d'accepter la fatalité. Nos gouvernants se présentent souvent comme des figures inaccessibles, cloisonnées dans leur bulle de privilèges, incapables de proposer des mesures concrètes d'adaptation face à des crises qui s'annoncent permanentes. Il est donc légitime de se demander quelles actions politiques ont été engagées pour minimiser l'impact de ces crises sur le quotidien des Français.
Un discours alarmiste sans action concrète
Alors que les médias n'hésitent pas à alerter quotidiennement sur les dangers du réchauffement climatique, il est paradoxal de constater que les solutions concrètes n'ont pas suivi. Dans le milieu scolaire, où les débats sur le climat dominent, aucune initiative d'envergure n'a été mise en place pour améliorer les infrastructures souvent vieillissantes.
De plus, ceux qui se donnent bonne conscience en prônant la lutte contre le changement climatique ont agi de manière inefficace, avec par exemple l’installation d’éoliennes. En réalité, leurs décisions traduisent une incapacité à faire face à la réalité du changement climatique. Comme l’a souligné Gómez Davila, "se rebeller contre l’inévitable tout en se résignant au reste caractérise l’homme moderne".
Une population face à l'impuissance
Les Français sont à nouveau en première ligne face à des défis insurmontables, comme la saturation des hôpitaux, le coût de la vie, et l'immigration. Plutôt que de proposer des solutions, les dirigeants renvoient les citoyens à leurs devoirs, une approche qui témoigne de leur déconnexion du terrain. Emmanuel Macron lui-même, au début de la guerre en Ukraine, a demandé aux Français d'être responsables et de réduire leur consommation d'énergie, tout en ayant auparavant promis de réduire initialement la capacité nucléaire.
En insinuant que la population est à l’origine des problèmes, la classe politique se déresponsabilise complètement, ajoutant à la frustration croissante des citoyens. Roger Scruton a commenté cette dynamique en indiquant que se concentrer sur des enjeux planétaires, comme le climat, mène à une désaffection des questions nationales où des solutions seront immédiatement perçues comme nécessaires.
Une culture du renoncement
Dans cette optique, les gouvernants, jouant souvent un rôle de marionnettes, inversent la culpabilité en suggérant que la société ne serait pas capable de trouver les ressources nécessaires pour faire face aux conséquences de leurs politiques. Beaucoup parmi eux, notamment ceux de la macronie, s'appuient sur un électorat à majorité âgée qui s'accommode bien de ces contraintes. Cette génération, qui a eu la chance de bénéficier d'un cadre de vie généralement favorable, souffre d'une certaine incompréhension à l'égard des inquiétudes exprimées par les plus jeunes et les classes actives.
Cette dynamique doit nous pousser à repenser notre système de gouvernance et notre capacité à affronter la réalité qui nous attend.







