Le préfet du Var, Simon Babre, a fourni ce mercredi 3 juin un bilan sur la situation du logement social dans le département. Bien que l'année 2025 soit marquée par des financements récords, la demande reste nettement supérieure à l'offre. Il est impératif de se préparer à un "boom industriel" annoncé pour les années à venir dans le Var.
L'année 2025 verra 3.730 logements sociaux attribués, mais ces chiffres sont bien en deçà des près de 39.000 familles en attente. Les autorités, cependant, jugent qu'une dynamique encourageante est à l'œuvre. Cette année, 22 millions d'euros ont été alloués au financement de nouveaux projets de logements sociaux, avec en sus 4,5 millions d'euros destinés à soutenir des programmes en cours, selon les données communiquées par le ministère.
En tout, 2.173 logements sociaux ont été financés au cours de l'année précédente, atteignant un niveau jamais vu depuis 2018. Néanmoins, la construction de ces logements nécessitera en moyenne cinq ans avant leur livraison.
Les bons et mauvais élèves de la loi SRU
Depuis l'adoption de la loi Solidarité et Renouvellement Urbains (SRU) il y a vingt-cinq ans, le chemin reste semé d'embûches dans le Var. Cette réglementation impose à certaines communes d'assurer 25 % de logements sociaux au sein de leur parc immobilier. Actuellement, 44 communes sont sous cette obligation, mais seule La Garde, avec plus de 28 % de ses logements sociaux, atteint cet objectif, tandis que les autres accusent un retard significatif.
Malgré cela, le préfet a souligné les progrès réalisés par des communes comme Brignoles et Draguignan, qui affichent un taux de 19 % de logements sociaux, et d'autres villes, comme Toulon et La Seyne-sur-Mer, qui se rapprochent de cet objectif. À l'inverse, certaines communes du littoral, telles que Saint-Cyr et Bandol, affichent des pourcentages de logements sociaux entre 5 et 9 %, tandis que Rocbaron n'en a aucun.
Des sanctions pour les communes en retard
À partir de la semaine prochaine, le préfet se réunira avec les maires concernés pour faire un point sur les résultats des communes pour la période 2023-2025. Certaines pourraient être déclarées en carence, entraînant des pénalités financières allant jusqu'à 15 millions d'euros pour 2025 et la possibilité pour l'État de reprendre certaines compétences d'urbanisme.
"Nous sommes dans un moment historique"
Simon Babre a insisté sur l'urgence de la situation : "Nous n'avons pas d'autre choix. Nous sommes dans un moment historique. Le Var doit être prêt à accueillir de nouveaux habitants. Les retombées autour des industries de défense, notamment avec le futur porte-avions basé à Toulon, vont nécessiter la création de logements. Les jeunes varois, après leurs études, pourraient également choisir de rester ici." Cela représente une responsabilité collective qui nécessite une action concertée des acteurs locaux.
Pour référence, ces informations ont été rapportées par Radio France.







