Dans l'État du Goiás, deux nouveau-nés ont été remis aux mauvaises familles en 2021. L'erreur a été mise en lumière trois ans plus tard grâce à un test ADN, menant la justice à accorder 170 000 euros en dédommagement aux quatre parents impliqués. D'autres incidents similaires sont survenus au Brésil ces dernières années.

L'incident s'est produit le 15 octobre 2021, lorsque deux bébés sont nés en l'espace de quelques minutes dans un hôpital d'Inhumas, alors que les restrictions dues à la pandémie de Covid-19 limitaient la présence des pères. "Chaque famille est ensuite rentrée chez elle avec un bébé et a repris le cours de sa vie", explique un rapport du quotidien espagnol El País sur ce cas qui a pris une tournure tragique.

Cette situation a changé lorsque l’un des couples, en instance de séparation, a réalisé que l’enfant qu’ils élèvaient n’était pas leur fils biologique. Les tests ADN ont confirmé leurs craintes. “S’il n’était pas le fils de Cláudio, il n’était pas le mien non plus”, a déclaré l'ex-compagne, soulignant la douleur émotionnelle causée par cette découverte.

Garde partagée

À partir de cette révélation, une “bataille juridique” a été engagée. Les deux familles, liées à jamais par cette erreur tragique, ont entamé un “douloureux processus de rapprochement”, selon les médias locaux.

Une enquête a révélé que l'identification des bébés avait été faite correctement à leur naissance, mais la confusion s'est produite au moment de la remise des enfants aux parents par une aide-soignante, comme l'a rapporté G1.

En octobre 2025, la justice a reconnu la “souffrance psychologique intense” vécue par les familles et a ordonné un retour progressif des enfants au sein de leurs familles biologiques, avec une garde partagée instaurée. Les actes de naissance ont été modifiés pour inclure les noms de tous les parents concernés.

L’un des pères, s'exprimant pour BandNews, a déclaré que “aucune somme d’argent ne pourra compenser l’épreuve traversée”, soulignant la difficulté de l'adaptation des enfants, qui n'ont pas encore accepté leur père biologique.

Certaines statistiques évoquent que des échanges de bébés ne seraient pas rares au Brésil. Une étude de l’Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE) a révélé que ces erreurs pourraient toucher un enfant sur 6 000, soit plus de 400 familles par an, laissant plusieurs d’entre elles vivre une expérience traumatisante.

Pour prévenir de tels incidents, une loi entrée en vigueur en 2018 exige que chaque nouvel enfant soit enregistré avec les empreintes de sa mère et un bracelet d'identification. Plusieurs états, dont le Goiás, vont même plus loin en imposant des vérifications biométriques avant la sortie de l'hôpital, comme le rapporte G1.

Ce cas tragique illustre la nécessité d'améliorer les procédures de sécurité dans les maternités afin d’éviter que d'autres familles ne traversent ce type de désastre.