La situation en Bolivie s'est intensifiée avec la démission des ministres de la Défense et de l’Éducation, Marcelo Salinas et Beatriz Garcia, le 2 juin, après plus d’un mois de manifestations massives qui secouent le pays. Ces départs interviennent alors qu'une centaine de barrages routiers émaillent le paysage national, et que le gouvernement du président Rodrigo Paz envisage sérieusement des mesures drastiques, dont la possibilité de décréter l'État d'exception pour mobiliser les forces armées.
Les manifestations, rassemblant des ouvriers, agriculteurs, mineurs, et enseignants, reviennent sur les revendications économiques face à une crise persistante que traversent des millions de Boliviens. Les appels à une réponse du gouvernement sont de plus en plus pressants, certains leaders affirmant que la mobilisation ne cessera pas tant que leurs demandes ne seront pas satisfaites. Une source gouvernementale a confirmé ces démissions, tandis que la situation sur le terrain se détériore.
Une centaine de barrages routiers actuellement recensés
Les barrages routiers, maintenant au nombre d'une centaine, ont quadruplé par rapport à il y a deux semaines, provoquant des pénuries dramatiques de biens essentiels, notamment à La Paz et El Alto. Le président Paz a récemment modifié la loi, renforçant ses pouvoirs pour permettre le déploiement de l'armée et restreindre les libertés publiques, aggravant ainsi les tensions.
En affrontant ces troubles, Rodrigo Paz tente de redéfinir sa stratégie de gouvernance. Des voix, comme celle de René Soliz Villca, leader de la Confédération syndicale des communautés interculturelles originaires de Bolivie, insistent sur la nécessité d'un changement radical : « Peu importe s’il faut sacrifier des vies, l’objectif est que Rodrigo Paz quitte le gouvernement ; nous n’allons pas permettre qu’il impose son modèle néolibéral ».
D'un autre côté, pour déstabiliser le mouvement, le gouvernement décrédibilise les manifestations en désignant l’ancien président Evo Morales comme l’initiateur de ces troubles, malgré son mandat d’arrêt pour des problèmes judiciaires en cours. Alors que la colère populaire continue de s'intensifier, la question demeure : où se dirige réellement la Bolivie ?







