Les affrontements entre l'armée israélienne et le Hezbollah se poursuivent, mettant à mal la trêve instaurée mi-avril, malgré l'appel à la paix de Donald Trump. Ce dernier avait annoncé, le 1er juin, avoir convaincu les deux partis de "cesser de tirer", mais la réalité sur le terrain est tout autre.
Les hostilités ont pris une nouvelle ampleur le 31 mai lorsque des violences ont éclaté, avec le Hezbollah revendiquant des attaques contre Israël, tandis que l'armée israélienne intensifiait ses frappes dans le sud du Liban. Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a même menacé de frapper un bastion du Hezbollah au sud de Beyrouth, défiant ainsi les appels internationaux à la désescalade.
Orna Mizrahi, chercheuse à l'Institut d'études de sécurité nationale de l'université de Tel-Aviv, souligne que le Hezbollah a intensifié ses attaques ces dernières semaines, touchant à la fois des soldats israéliens dans le sud du Liban et des communautés israéliennes au nord. Selon elle, l'utilisation croissante de drones kamikazes par le mouvement chiite constitue un "changement de stratégie" significatif qui pousse Israël à renforcer ses opérations militaires.
L'exécutif israélien face aux critiques
Le Hezbollah recourt également à des engins "téléguidés par fibre optique", rendant le brouillage difficile, ce qui complique les efforts israéliens pour intercepter les attaques, comme l'explique David Rigoulet-Roze, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique. Les récentes offensives du Hezbollah ont même causé plusieurs pertes parmi les soldats israéliens.
Ces drones, qui ciblent également le nord d'Israël, provoquent un climat de terreur, selon Orna Mizrahi. Des familles vivant près de la frontière, comme celles de la commune de Shomera, se plaignent d'être de nouveau sous le feu, illustrant ainsi la tension persistante. Le quotidien Haaretz rapporte que des parents sont inquiets après qu'un drone ait touché un arrêt de bus scolaire sans faire de victimes, mais rappelant que le risque d'attaques est omniprésent.
Cette situation a engendré des critiques croissantes envers le gouvernement israélien, même de la part de figures centristes comme Yaïr Lapid, qui estiment que la réponse du Premier ministre est insuffisante pour gérer la menace. Orna Mizrahi affirme : "Le gouvernement fait face à la pression de la population, particulièrement des communautés frontalières, qui ne peuvent plus vivre dans ces conditions."







