Dans une salle d’audience tendue, les avocats de Félix Bingui, chef présumé du clan Yoda, ont réagi avec véhémence aux lourdes réquisitions du parquet, qualifiant la démarche de "réquisitoire politique". Lors d'une plaidoirie marquante, Me Philippe Ohayon a dénoncé un message porteur de violence : « La tête de Félix Bingui sur un pic ! Voilà ce que la justice souhaite transmettre aux trafiquants de drogue », a-t-il affirmé, exprimant son indignation face aux 16 ans d'emprisonnement requis pour son client, suggérant que cela représente une peine comparable à celle d'un criminel aux actes beaucoup plus graves.
Le ministère public, qui a réclamé de sévères peines pour Félix Bingui et 19 coaccusés, a fait appel à des jugements allant jusqu'à 16 ans de détention, pour des faits de trafic de stupéfiants et d'association de malfaiteurs. Cette vision inquiétante a été amplifiée par les avocats, soulignant l'excès de ces réquisitions. L’avocat de Mohamed Hussein Saleh, également impliqué, a interprété ces demandes comme un moyen d’élimination sociale plutôt que de justice.
Réquisitions jugées disproportionnées
Les avocats ont pointé du doigt un décalage manifeste entre les accusations en cours et la réalité éprouvée sur le terrain, avec Me Gaétan Poitevin commentant que celles-ci semblent issues de "fantasmes journalistiques". Au cœur des plaidoiries, les avocats ont également introduit une critique de la manière dont les preuves ont été collectées, mettant en question la rigueur et la légitimité du dossier établi par les forces de l’ordre.
Me Ohayon a fait valoir que les enquêteurs, déjà mis en examen pour des actes douteux dans d'autres affaires, ne pouvaient garantir l'intégrité des preuves. En regardant le contenu des échanges et le manque apparent de preuves solides pour étayer les accusations de chef de réseau contre Bingui, il a demandé : « Où sont les éléments prouvant ce pouvoir incontesté sur le territoire ? »
« L’objet de ce dossier, c’est de la vente au détail », a-t-il continué, plaidant pour une réévaluation des méthodes judiciaires employées. À cela, il a ajouté que la comparaison entre les sévères peines pour trafic de cannabis et l’omniprésente mortalité causée par d'autres substances comme l'alcool et le tabac révélait une incohérence choquante dans le traitement des infractions dans le pays.
Un verdict est attendu ce vendredi, et le débat autour des pratiques judiciaires et des peines infligées dans des affaires de drogue devrait continuer à susciter des controverses dans le paysage judiciaire français.







