L'appel à la manifestation prévu ce lundi matin à 8 heures à Arles vise à faire entendre le cri de désespoir de la population face au projet de ligne électrique de 400 000 volts. Cette infrastructure, envisagée par RTE, avec un tracé de 65 kilomètres reliant Jonquières-Saint-Vincent à Fos-sur-Mer, est catégoriquement rejetée par les habitants et les acteurs économiques de la région.
Le projet, lancé en 2023, soulève une indignation générale en pays d'Arles et en Camargue. Les manifestants se rassembleront au rond-point Maurice Etienne, sur la route des Saintes, pour marquer leur opposition à une construction jugée destructrice pour l'environnement naturel et l'économie locale.
Alors que RTE prévoit l'érigement de 180 pylônes pouvant atteindre 90 mètres de hauteur, la crainte est forte quant à l'impact sur des zones protégées. Le gestionnaire de réseau, soutenu par l'État, défend cette initiative comme une nécessité stratégique pour sécuriser l'alimentation énergétique du secteur industriel du sud de la France, déjà parmi les plus pollués du pays. Ce dernier vise à décarboner l'important bassin industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer.
Une résistance contre "un massacre du territoire"
Les opposants affirment que la construction de cette ligne aérienne menacerait l'équilibre économique de la région, qui repose sur l'agriculture, le tourisme et la préservation des espaces naturels. Jean-Laurent Lucchesi, porte-parole du collectif Stop THT 13/30, insiste sur le fait que les manifestations ne sont pas une opposition à la décarbonation, mais plutôt une quête de solutions alternatives moins destructrices.
« Nous ne sommes pas pour le retour à la bougie !, » ironise-t-il, rappelant que des méthodes moins invasives, telles que l'enfouissement des lignes, existent mais sont malheureusement écartées pour des raisons de coût.
Clément Lajoux, un producteur local, abonde dans ce sens, s’inquiétant des conséquences sur la biodiversité : « Imaginer un pylône en pleine zone où la biodiversité est riche est incompréhensible. » Leur message est clair : un projet de cette envergure nécessite une réflexion approfondie pour préserver l'identité et les ressources de la Camargue.
Où en est le projet ?
Actuellement, la procédure administrative suit son cours, avec la préfecture qui instruit la demande de déclaration d'utilité publique faite par RTE. Ce lundi, des études complémentaires seront lancées en réponse à la mobilisation croissante des habitants. La tension monte alors que l'État prévoit l'envoi de médiateurs pour faciliter le dialogue, dans un contexte électoral sensible.
Jean-Laurent Lucchesi critique cette précipitation des autorités, soulignant qu'à la fin de l’année, les véritables discussions sur l’impact du projet débuteront, rendant la situation encore plus délicate. Comme l'affirme un autre expert interrogé, l'État semble davantage préoccupé par des agendas politiques que par le bien-être des citoyens et la sauvegarde du patrimoine naturel.







