Alors que les vacances d'été se profilent, le refuge Au Bonheur des 4 Pattes, qui a ouvert ses portes le 7 juin dernier, souhaite rappeler une réalité souvent négligée : un animal est un être vivant, et non un objet que l'on abandonne sans scrupule. Ce phénomène, bien que connu, reste trop fréquent malgré les nombreuses alternatives de garde disponibles.
Lors des portes ouvertes de ce dimanche, entre stands de brocante et rencontres avec les animaux, un message fort a été diffusé sur la problématique des abandons. Selon l'association Le Graal, environ 60 000 animaux sont laissés à l'abandon en France chaque été, mais Catherine Bourdin, la fondatrice du refuge, affirme que "les abandons touchent les animaux toute l'année". En ce moment, le refuge accueille près de 60 chiens et 200 chats, un chiffre en constante augmentation limité par le manque de stérilisation, un point que Catherine regrette fortement.
Divorce, déménagement, vacances…
Les raisons de ces abandons sont variées : séparation, naissance d'un enfant, difficultés financières ou déménagement. Pour Catherine Bourdin, peu de ces justifications sont acceptables. "Hormis un décès ou une entrée en Ehpad, il n'y a pas d'excuse pour abandonner un animal," insiste-t-elle. Elle rappelle qu'il existe de nombreuses solutions de garde, et souligne, amèrement, que certains n'hésitent pas à payer leurs vacances tout en négligeant celles de leurs animaux.
Adopter, un engagement réfléchi
Dans le refuge, les adoptions ne se font jamais à la légère. Un délai de réflexion d'une semaine est systématiquement imposé pour prendre en compte le mode de vie et le budget des candidats. "Un chien nécessite de la présence et des sorties. Quelqu'un qui est absent pendant douze heures par jour ne saura pas lui apporter le bonheur qu'il mérite," affirme Catherine Bourdin. Lelia Benoît, employée depuis une décennie, évoque la douleur de voir des animaux abandonnés : "C'est déchirant, mais les adoptions réussies nous donnent la force de continuer." Le refuge appelle à la responsabilité, précisant qu'adopter un animal implique un engagement sur plusieurs années, bien au-delà des simples vacances d'été.
A 16 ans, Fleur trouve enfin un foyer pour terminer sa vie heureuse
Dans un contexte où les abandons explosent, Fleur, une setter anglaise de 16 ans, a récemment été adoptée, apportant une lueur d'espoir. Brigitte Gilbin, sa nouvelle propriétaire, a parcouru deux heures pour la récupérer. Déjà responsable de quatre sauvés des rues, Brigitte ne souhaite pas acheter un animal, estimant qu'il y a trop de malheureux. "Elle a 16 ans, que lui reste-t-il ? Je veux qu'elle ait une belle fin de vie," dit-elle avec tendresse.
La première rencontre a scellé leur destin : "Elle semble un peu triste, perdue," confie Brigitte, observant Fleur parmi ses autres animaux. Dans son village, elle accueille également les animaux d'anciens propriétaires en difficulté. Pour Fleur, cette adoption tardive est une revanche sur le destin, permettant à cette vieillarde de vivre dans un foyer chaleureux plutôt que derrière des barreaux.







