Depuis le mois dernier, quelque 400.000 petites stations météo de la marque "La Crosse Technology" ne fournissent plus d'informations sur les températures ni sur l'humidité. Il semble que ce ne soit pas dû à une panne mais plutôt à une crise de communication entre plusieurs entreprises. Voici ce qu'il faut savoir.
Vous avez remarqué que votre station météo "La Crosse Technology" est devenue muette ce mois-ci ? Vous n'êtes pas le seul ! Pendant près de deux décennies, ces dispositifs, placés sur des tables ou près des fenêtres, affichaient diverses données climatiques, notamment les températures ambiantes et extérieures ainsi que les alertes émises par Météo France. Cependant, depuis début mai, ces appareils sont devenus non fonctionnels, et cette situation est le résultat d'un désaccord commercial plutôt que d'une défaillance technique.
Un rituel quotidien devenu obsolète
Pour Bertrand, un habitant de Lyon, consulter sa station météo était un "rituel" quotidien depuis 16 ans. "Tous les matins avec mon café, je consultais les données. L'intérêt de ces appareils réside dans le mélange de données locales, comme l'hygrométrie et les températures, avec celles fournies par Météo France," explique-t-il. Cette fiabilité a permis aux utilisateurs d'accéder à des informations pratiques sans nécessité de connexion Internet, ce qui est particulièrement apprécié par les services de secours et diverses entreprises.
Mais ce 11 mai, Bertrand a constaté que rien ne s'affichait sur son écran. "On enlève les piles, on remet les piles, mais rien ne revient. Quand j'ai vu ça, je me suis dit que j'étais peut-être le dernier à utiliser ce vieil appareil," plaisante-t-il.
Quand le conflit commercial prend le devant de la scène
Ce phénomène n'est pas isolé, car environ 400.000 stations météo similaires se sont également arrêtées. Cela s'explique par une lutte commerciale entre trois entreprises majeures : La Crosse Technology, eMessage Allemagne, et sa filiale française, eMessage France, qui est en liquidation judiciaire depuis début 2026. L'arrivée du groupe Assmann à sa reprise a révélé des coûts de fonctionnement jugés insoutenables pour la diffusion des données climatologiques.
Philippe Dubus, le patron d'eMessage France, a souligné l'absence de financements adéquats pour couvrir les frais liés à la transmission des données. "Il est inacceptable de nous demander de débourser plus de 130.000 euros par an sans retour financier," déclare-t-il. Malheureusement, la décision de couper le signal et d'interrompre les transmissions s'est imposée lorsqu'aucune des parties n'a accepté d'assumer les coûts.
Par conséquent, un silence qui aurait pu être évité s'est installé sur un réseau qui apportait un service de qualité à de nombreux utilisateurs. Philippe Dubus regrette cette situation, affirmant qu'il n'y avait pas d'intention de couper quoi que ce soit. Elle est réellement dommageable pour les utilisateurs de ces stations que nous n'avions pas prévu de déconnecter," conclut-il, espérant trouver une solution rapide pour rétablir le service.







