Ce vendredi 12 juin au soir, la basilique du Prado à Marseille a été le théâtre d'une cérémonie empreinte de solennité et d'histoire, à laquelle la classe politique marseillaise a assisté avec ferveur. Le cardinal Aveline a présidé la traditionnelle célébration du vœu des Échevins, un rituel qui remonte à 1722 et qui demeure une institution dans la cité phocéenne.
Pour comprendre l'importance de cette cérémonie, il faut plonger dans le passé. En 1720, le navire Grand Saint-Antoine, dont l'épave repose aujourd'hui au large de l'île de Jarre, a introduit la peste bubonique dans les eaux de Marseille. Cette pandémie dévastatrice a causé entre 90 000 et 120 000 décès dans une population de 400 000 habitants. Face à cette crise sanitaire, l'évêque de Marseille, Mgr de Belsunce, a consacré son diocèse au Sacré-Cœur de Jésus, instaurant ainsi la fête du Sacré-Cœur aux Marseillais. Après une diminution du nombre de cas, la maladie est pourtant réapparue au printemps 1722, poussant les habitants à se tourner vers le divin.
Le 19 mai de cette même année, l'Évêque propose aux Échevins de formuler un vœu au divin Cœur pour conjurer le fléau. L'importance de ce vœu ne doit pas être sous-estimée ; pour les Marseillais, c'est un acte de dévotion et d'espoir.
Cette cérémonie est ainsi devenue le symbole non seulement de la résilience des Marseillais face à l'adversité, mais également un moment de réflexion sur l'histoire de la ville. Comme le souligne un historien local, « cette tradition nous rappelle combien la foi et l'unité ont été essentielles dans les moments de crise ». La célébration d'hier soir a donc résonné dans les cœurs et les esprits des participants, rappelant que, même face à des défis colossaux, Marseille a toujours su trouver des moyens de se rassembler et de garder espoir.







