Ce vendredi, un homme de 55 ans se tenait devant le Tribunal d'Avignon, accusé du viol de sa filleule, Mary, alors âgée de 14 ans. Les faits remontent à décembre 2018, survenus à Grillon, et ont profondément affecté la vie de la victime et de sa famille. Les débats ont mis en lumière l'addiction à l'alcool de l'accusé ainsi que ses relations troublées avec les femmes.
La première journée du procès a été marquée par une atmosphère particulièrement lourde. Mary a été agressée par son parrain dans la nuit du 8 au 9 décembre 2018. À l'époque, elle n'avait que 14 ans, tandis que son agresseur en avait 48, visiblement sous l'emprise de l'alcool. Ce vendredi, l'accusé a témoigné, affirmant ne pas se souvenir des événements, mais n'ayant pas contesté les déclarations de Mary, reconnaissant néanmoins qu'il devait être puni.
Des cicatrices indélébiles pour la famille
Les témoignages de la famille de Mary ont révélé l'impact dévastateur de cette agression sur leur quotidien. Son père a décrit le choc et la trahison ressentis par rapport à celui qu'il considérait comme un frère. Il a déclaré : "C'était le tonton parfait pour mes enfants. Mais depuis le viol, je suis mort de l'intérieur". Ce dernier a même pris 30 kg et s'est isolé. Mary, quant à elle, a supporté des mois de tests médicaux traumatisants. Sa mère, qui ne travaille plus, a également témoigné de la souffrance continue de sa fille, partageant son épuisement à l'idée de l'accompagner dans cette épreuve.
La sœur de Mary, Cathy, a partagé son sentiment de culpabilité, se questionnant sur son silence face aux comportements inappropriés de l'accusé avant l'agression. "Je me sens coupable de n'avoir rien dit. J'arrive pas à comprendre pourquoi ça nous est arrivé, à nous", a-t-elle exprimé avec émotion.
Les complexités de l'agression
À la barre, les experts ont évoqué l'enfance tumultueuse de l'accusé et ses séjours en prison. Selon des psychologues, il est "peu outillé" pour nouer des relations saines. Les débats ont particulièrement mis l'accent sur son addiction à l'alcool et ses attitudes envers les femmes, notamment à l'égard de l'homosexualité de Mary, qui venait de révéler sa préférence pour les filles. Elle a rapporté que son parrain lui avait dit : "Je vais te guérir" au moment de l'agression. Les échanges ont également mis en lumière des commentaires homophobes et violents de la part de l'accusé dans le passé. L'avocat de la défense a argué d'un manque d'empathie chez son client, qui, face à la présidente du tribunal, a fini par exprimer des remords, déclarant : "Comment j'ai pu arriver là, je sais pas".
Le verdict est attendu pour lundi soir, et les membres de la famille de Mary espèrent une juste reconnaissance de leur souffrance.







