Dans les prochaines semaines, la Camargue pourrait voir l'émergence de deux pylônes de plus de 80 mètres au cœur des rizières, un projet qui inquiète déjà de nombreux agriculteurs. Parmi eux, Édouard Cavalier, riziculteur à Fourques, exprime ses préoccupations face à cette ligne très haute tension reliant Jonquières-Saint-Vincent (Gard) à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).
« C’est un peu comme des mini Tour Eiffel », déclare Cavalier, qui craint que ces structures ne défigurent le paysage pittoresque de la région. Le projet, orchestré par Réseau de Transport d'Électricité (RTE) et soutenu par l'État, prévoit l'érection d'environ 180 pylônes. Parmi les terres affectées se trouve une rizière de cinq hectares, exploitée par sa famille depuis trois générations.
« Nous sommes proches du Rhône, d'où nous pouvons extraire l'eau pour irriguer nos champs », explique-t-il, tout en soulignant l'impact possible sur l'environnement local et sur les oiseaux migrateurs.
Une menace pour le tourisme local
L’impact du projet ne se limite pas à l’agriculture. Édouard Cavalier gère également deux gîtes ruraux, un atout économique pour sa famille, qu’il estime compromis par l’installation des pylônes. « Quand les gens viendront voir la ligne THT, ils ne seront sans doute pas enclins à séjourner », s'inquiète-t-il. Selon ses estimations, la valeur de ses gîtes pourrait dégringoler de 50 % à cause de cette infrastructure.
Appel à des alternatives
Face à cette menace, plusieurs agriculteurs et citoyens concernés militent pour des solutions alternatives. « Nous avons proposé à RTE d'enfouir la ligne, une option qu'ils doivent envisager sérieusement », insiste Cavalier. Il déplore toutefois l'impression que le projet avance sans véritable consultation. « J’ai récemment reçu une lettre de RTE indiquant que des agents viendraient, assistés d’huissier, sans que nous puissions nous y opposer », a-t-il révélé.
Dans cette ambiance déjà tendue, syndicats agricoles et riverains se mobiliseront le jeudi 18 juin au mas des Bernacles, à Arles, pour faire entendre leur voix contre ce projet contesté, en espérant qu'une alternative viable puisse être trouvée avant que les pylônes ne prennent racine.







